Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Une spéculation effrénée outre-Atlantique

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Il ne manquait plus que les analystes les plus pessimistes des grandes banques américaines deviennent eux aussi très optimistes sur les marchés boursiers. C’est chose faite en ce qui concerne les places américaines et tout particulièrement les « sept magnifiques ». Ce sont ces entreprises du numérique les plus puissantes de la planète qui forment ce club très fermé comprenant Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Tesla, Meta et Nvidia. Quels que soient les données publiées les concernant, les achats ont repris de plus belle depuis la récente et courte correction de début d’année. A cela, il convient d’ajouter le phénomène « Bitcoin » dont Wall Street attend avec impatience l’autorisation de la Sec (l’Amf des Etats-Unis) en vue de la mise sur les marchés des trackers ETF du géant institutionnel Black Rock. Jusqu’à présent les marchés leur donnent raison grâce aux prévisions auto réalisatrices des géants de la finance et à leurs puissants algorithmes boursiers. Ces outils remplacent progressivement les intervenants humains, les traders de marchés, et semblent ne jamais se tromper ou presque. Il devient très difficile, pour ne pas dire impossible, d’évaluer objectivement la situation des marchés sachant que leurs valorisations restent invariablement à des niveaux exorbitants en matière de rapport cours / bénéfices par exemple. Néanmoins, sur la Bourse de Paris, on peut quand même constater une large correction intervenue sur le secteur du luxe qui est désormais nettement moins surévalué qu’il y a quelques mois. Il reste encore le secteur bancaire dont les cours continuent de caracoler sachant surtout que la récession guette la France après avoir touché l’Allemagne. L’autre écueil qui va de pair avec la récession est le niveau insoutenable de la dette publique, que ce soit aux Etats-Unis ou en France. Pourtant, le marché obligataire affiche une santé insolente avec des rendements à peine au-dessus des 2,50 %, sachant que l’inflation est encore supérieure à 3,50 %. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 a rencontré un soutien autour de 7.350 points sur lequel il a rebondi.

Plus précisément, il reste soutenu par la ligne de support ascendante secondaire passant actuellement près de 7.370 points. Le prochain signal de baisse viendrait de la cassure éventuelle de cette ligne. Malgré sa faiblesse relative, la place de Paris bénéfice actuellement de la fièvre acheteuse qui règne à Wall Street et de la voracité sans limites des algorithmes, qui sont devenus les maîtres du Monde. Parmi eux, il y a « Aladdin » qui traite près de 15% du marché à lui seul. Ce logiciel à base d’Intelligence artificielle conçu et utilisé par le géant Black Rock comme un rouleau compresseur, forçant progressivement tous les autres intervenants et gérants institutionnels à suivre le mouvement au risque de rester à quai et de se faire réprimander par leurs clients respectifs. Autrement dit, ces derniers n’ont souvent pas d’autre choix que d’acheter très cher dans le seul espoir de pouvoir revendre encore plus cher. Quand aux vendeurs à découvert, ils se font carrément étriller les uns après les autres et se rachètent dans la panique alimentant à leur tour la spirale haussière. Doit-on faire aussi la même chose en achetant très cher dans un environnement extrêmement risqué et fragilisé à tous les niveaux ? Désormais, un simple « bug » informatique sur l’un des plus gros algorithmes ou une erreur de manipulation pourrait faire effondrer les marchés en quelques minutes seulement. Cela pourrait arriver n’importe quand même si les marchés continuent de progresser jour après jour. Par ailleurs, si Black Rock commence à vendre pour une raison quelconque, il ne trouvera plus d’acheteurs en face de lui. Pis, tous les suiveurs paniqueraient et vendraient en même temps. D’où l’idée de faire croire à tort que Black Rock achèterait encore et toujours massivement afin que celui-ci trouve la contrepartie acheteuse indispensable au moment où le reste du marché croit encore qu’il est toujours acheteur.

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