L’affaire Epstein.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Les médias reviennent depuis la semaine dernière sur l’affaire Epstein. Aux États-Unis, le livre du grand reporter Dylan Howard a été un énorme succès, parce qu'il s'agit de la première grande enquête qui révèle comment la CIA et le Mossad ont utilisé Jeffrey Epstein pour manipuler les journalistes, les riches et les têtes couronnées. L’écrivain Pierre Jovanovic, directeur littéraire des éditions du Jardin des Livres, a publié l’édition française de cet ouvrage. C’est l’occasion pour L’Hebdo-Bourseplus d'évoquer ce dossier sensible.

Tout d’abord, sur de nombreux sujets, qu'il s'agisse du vaccin contre la Covid ou de l’affaire Epstein, force est de constater que les niveaux d’information sont très différents. Par exemple, une catégorie de gens estime que la vaccination a été un grand succès et que tout va bien. Une autre catégorie a entendu dire qu’il y avait eu quelques effets indésirables et n'a plus envie de se faire revacciner. Enfin, une dernière catégorie est convaincue que les vaccins sont à l’origine de nombreux problèmes de santé et que c’est une évidence, au même titre que fumer tue. Comment expliquer de telles distorsions entre des personnes qui semblent vivre sur des planètes différentes ? Pierre Jovanovic revient sur son parcours : « J’ai débuté à l’âge de 23 ans en 1983 comme journaliste. À l’époque, Internet n’existait pas. Il y avait très peu de médias, c’était le début des radios libres. Mon patron de l’époque, Philippe Tesson, me disait que les Français sont divisés en deux groupes. Il y a ceux qui aiment les autres et leur famille et, parce qu’ils tiennent à leur famille et leurs amis, ils essayent toujours de savoir ce qui va se passer dans le futur. Donc, ils sont toujours en train de s’informer pour savoir ce qui se passe autour d’eux et dans le monde. Cela représente 20 % de la population environ et ce sont des gens qui n’hésitent pas à aller acheter la presse, tout comme les chefs d’entreprise ou les ministres. Ensuite, vous avez 80 % de la population qui ne s’intéresse qu’à elle-même, ceux que l’on appelle aujourd’hui le TPMG  : « Tout pour ma gueule ». De nos jours, vous pouvez instantanément vous informer et dans le monde entier, à la vitesse de la lumière, mais ce pourcentage reste toujours valable, avec une partie de la population qui n’a pas envie de s’informer tant que le frigo est plein. »

Beaucoup de gens ont longtemps revendiqué le fait de ne pas s’intéresser à l’actualité, en disant que cela ne changeait rien à leur vie quotidienne. Or, maintenant, les non informés qualifient de complotistes ceux qui s’interrogent en allant vers des sources différentes : « Il y a cette phrase très célèbre. Dans les années 30, les juifs pessimistes, ceux qui s’informaient en achetant la presse, ont fini à Hollywood, et les juifs qui ne s’informaient pas, donc les optimistes, ont malheureusement fini à Buchenwald. Si vous êtes informé, vous avez toujours un peu d’avance pour vous défendre ou pour défendre les intérêts de votre famille. C’est d’ailleurs pour cela que dans le Code pénal, on évoque le délit d’initié. On reproche à la famille Rothschild de s’être enrichie avant tout le monde. Mais en réalité, ils ont simplement payé un coursier qui leur a appris avant tout le monde le fait que Napoléon avait perdu la bataille de Waterloo, alors que tous les Anglais avaient vendu leurs actions. Et les Rothschild ont tout racheté. Émile Zola raconte très bien dans son livre « L’Argent » cette guerre de l’information à la fin du XIXe siècle, avec l’installation des lignes télégraphiques à côté de la Bourse de Paris. Ces lignes, qui arrivaient du monde entier, ont permis la création de l’Agence France-Presse. À l’époque, c’était simplement un système télégraphique qui donnait aux agents de change des informations leur permettant de prendre des positions avant tout le monde. Le monde financier montre très bien cela et, aujourd’hui encore, la bataille se fait pour avoir quelques millisecondes d’avance en matière d’information. »

Évoquons maintenant l’affaire Epstein, qui a fait la une de tous les médias américains, alors qu’en France les médias institutionnels ont tenté d'en minimiser les effets. Pierre Jovanovic revient sur sa démarche : « Nous avons publié un livre sur l’affaire Epstein et, dès que l’on a commencé à en parler, BFM TV a allumé un contre-feu en ressortant l’affaire Matzneff, pour ne pas parler de cette affaire d’espionnage monté par le Mossad et le CIA. Il y a même eu une descente de police chez Gallimard pour aller chercher le contrat d’édition de Monsieur Matzneff datant d’il y a plus de quarante ans ! Cela montre bien à quel point le gouvernement Macron a voulu allumer des contre-feux. Aujourd’hui, on sait qui sont les agents traitants de Jeffrey Epstein. Une juge extrêmement courageuse a décidé de rendre publique l’intégralité du dossier Epstein, qui compte 950 pages, avec même les photos. L’année dernière, on accusait de complotistes ceux qui parlaient de l’affaire Epstein. Mais, aujourd’hui, c’est totalement prouvé. Le Mossad et la CIA ont monté de toutes pièces, depuis plus de trente ans, une opération de compromission en attirant, via Madame Maxwell, tous les politiciens et journalistes, y compris en France, dans des appartements pour les filmer avec des gamines de 12 ou de 14 ans. Sur Netflix, vous aviez deux séries sur Epstein mais, à aucun moment, il n’a été fait mention du rôle du Mossad et de la CIA dans cette affaire. Tous les ébats avec des gamines ont été filmés. À l’époque, William Burns, qui était l’agent traitant d’Epstein, a tellement été félicité par le gouvernement qu’il est devenu le directeur de la CIA. Du côté du Mossad, l’agent traitant d’Epstein n’était autre qu’Ehud Barak ! »

Quelles sont les conséquences, en 2024, de cette affaire Epstein ? Pierre Jovanovic est convaincu que « les médias américains vont tout faire pour noyer le poisson. Les médias ne font plus leur travail. Ils utilisent une partie de la vérité pour distiller de nombreux mensonges, afin d’orienter le public, surtout à la veille des élections européennes. » Enfin, pour ces élections européennes, ce sera sans doute le dernier moment avant le basculement de la France en tant que simple province de l’Union européenne : « En décembre dernier, de nouvelles lois ont été votées afin de supprimer ce qui reste de souverain en France, pour confier les rênes de notre pays à Bruxelles. J’invite les gens à aller à Budapest. Il y a une tranquillité, il n’y a pas de migrants qui ont des tentes sur la plus belle avenue de Budapest... Je peux vous assurer que le contraste avec Paris est d’une violence extrême. Que nous est-il arrivé pour que notre pays bascule dans une telle saleté, avec des clochards tous les 50 mètres sur les grands boulevards parisiens ? J’ai récemment discuté avec un haut gradé de la police qui m’a expliqué qu’il y avait une volonté délibérée du gouvernement derrière tout cela. Cet homme commande toutes les unités d’un grand département français. Par exemple, quand les médias parlent d’une attaque au couteau, il y en a beaucoup plus derrière qui ne sont pas rapportées ! 2024 est une année charnière à cause des élections européennes et ensuite parce qu’il y a les Jeux olympiques, avec des enjeux sécuritaires extrêmement importants. Donc il y aura des lois liberticides qui vont être votées. Fin décembre, les Anglais ont voté une loi qui autorise la police anglaise à prendre en photo tous les conducteurs, en les passant au scanner de la reconnaissance faciale, alors que c’était interdit avant, car uniquement utilisé en cas d’infraction. Les Anglais ont toujours eu de l’avance sur nous en matière de lois liberticides. »

En conclusion, l’information a toujours de la valeur. Elle permet de prendre une longueur d’avance et surtout de se préparer et de riposter. C’est un vrai travail que d’aller traquer une information fondée qui est écartée par les médias institutionnels. C’est ce que nous faisons chaque semaine dans L’Hebdo-Bourseplus.

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