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Le président de l’Association française de l’immobilier locatif invite le gouvernement à restaurer la confiance des investisseurs particuliers.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Renaud Cormier, président de l’AFIL : « Le rendement de l’investissement locatif, dans l’intermédiaire, est trop faible. »
L'AFIL (Association française de l’immobilier locatif) émet des alertes depuis de nombreuses années sur la montée inéluctable des tensions, en particulier sur le marché du neuf. Dans un communiqué, elle indique : « Le gouvernement reste pour le moment convaincu que la piste des institutionnels reste la meilleure pour relancer la production de logements intermédiaires. Toutes les études, pour ceux qui veulent bien les lire, démontrent que cette solution ne peut économiquement fonctionner en l'état. Les faits sont également têtus et si les institutionnels avaient dû se ruer sur le logement intermédiaire, ne l'auraient-ils pas déjà fait, notamment lorsque les conditions de taux étaient beaucoup plus favorables ? Pour mémoire le dispositif LLI existe depuis 2014... » Dans ce contexte, poursuit l'association, « nous restons convaincus que le logement intermédiaire est avant tout destiné à rester financé par les particuliers. Les dispositifs actuels sont bons et équilibrés, n'en déplaise à leurs détracteurs, qui brandissent depuis plusieurs années, telles les tables de la loi, un rapport inique de l'IGF qu'ils n'ont pour la plupart jamais lu, car sinon ils auraient relevé les nombreuses erreurs et approximations qu'il contient, dénotant une grave partialité dans les sources et dans les prises de position. »
L’Hebdo-Bourseplus : Qui représentez-vous au sein de l’AFIL ?
Renaud Cormier : L’AFIL regroupe essentiellement des acteurs de la distribution de l’immobilier d’investissement locatif. Nous avons créé cette structure au début de l’année 2018, parce que nous avions le sentiment que les investisseurs et les distributeurs étaient assez peu représentés par les structures existantes, qui s’intéressent davantage à la partie financière. Nous avons regroupé les gros acteurs nationaux et nous fédérons également des plus petits acteurs. En 2022, nous représentions environ 10 000 actes notariés en France, sur un marché de l’investissement locatif dans le neuf qui représente 50 000 actes par an. Nous sommes donc assez représentatifs pour avoir une photographie de l’état du marché.
Dans votre dernière étude, vous confirmez le départ des investisseurs particuliers, alors que le gouvernement compte sur les institutionnels. Le marché est-il bloqué ?
Dans un premier temps, le gouvernement comptait se passer des investisseurs particuliers dans le marché de l’investissement locatif dans le neuf, en se disant que les institutionnels ont la maîtrise du logement social et que ce logement intermédiaire est une sorte de déclinaison du logement social. En réalité, ils se sont rendu compte que les institutionnels n’ont pas voulu y aller par manque de moyens. Donc, il y a eu l’idée de faire appel aux particuliers, qui ne vont pas investir en direct, mais à travers des SCPI, qui elles-mêmes vont lever des fonds pour permettre à des institutionnels de faire du logement intermédiaire. Cela n’a jamais fonctionné. Les institutionnels sont des gens qui font des arbitrages en fonction de certaines classes d’actifs, donc ce ne sont pas forcément des investisseurs sur du long terme, alors que le résidentiel est un besoin à long terme. On ne peut pas décider des niveaux des logements qui doivent être construits en fonction des niveaux des taux d’intérêt et de l’attractivité du marché, alors que l’on sait très bien que les institutionnels ont toujours été volages. Ensuite, penser que l’on va faire venir des particuliers à travers des véhicules de type SCPI est une erreur, parce que l’investissement est aujourd’hui rentable. Si l'on rajoute une couche intermédiaire, qui aura évidemment besoin de se financer, on va davantage désolvabiliser les investisseurs.
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