Les professionnels du logement dénoncent avec vigueur l’attitude du gouvernement.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Maître Boris Vienne, président de l’Union Nationale des Notaires Employeurs : « Nous sommes sur un temps long et, quand vous cassez un jouet, on n’arrive pas à le reconstruire du jour au lendemain. »

Maître Boris Vienne, notaire en Haute-Garonne, est le président de l'Union Nationale des Notaires Employeurs (UNNE). Avec l’ensemble des organisations des professionnels de l’immobilier, cette structure est à l’origine de l’Alliance pour le logement. Dans un communiqué, l’Alliance s'insurge contre le « blocage des parcours résidentiels, des freins à la mobilité professionnelle et à la réindustrialisation, la difficulté d’acquérir son logement pour ceux qui souhaitent être propriétaires, la réduction de l’offre locative sociale et privée, ou le nombre d’agréments HLM au plus bas et de demandeurs au plus haut. »

Le communiqué commun des professionnels souligne : « Les acteurs de la filière alertent individuellement et collégialement depuis des mois sur la crise du logement neuf et désormais du logement de manière globale. Cette crise pèse aussi, d’ores et déjà, sur la croissance en France, comme l’illustrent, depuis mi-2022, les comptes trimestriels de la Nation publiés par l’Insee. Des acteurs sont en difficulté et le mouvement continuera à s’amplifier si rien n’est fait. »


L’Hebdo-Bourseplus : Confirmez-vous le fait que certaines grandes études commencent à licencier du personnel ? La situation devient-elle difficile pour les notaires ?

Boris Vienne : Nous glissons progressivement entre des non-remplacements de personnes qui partent, jusqu’au stade du licenciement que l’on constate aujourd’hui. Toutes les études sont concernées, mais davantage celles qui sont en ville. Dans le monde rural, le notaire a une activité plus large, le logement représente une part importante, mais ce n’est pas aussi important que ce que l’on peut constater dans les grosses structures qui sont en ville. Les notaires qui sont arrivés récemment ne fonctionnent que grâce à l’immobilier. Au moment où ils s’installent, ils n’ont pas cette clientèle pour le droit de la famille ou pour le droit des affaires, donc ils sont contraints de ne fonctionner qu’avec l’immobilier. Une étude plus ancienne a forcément un fonds de clientèle, avec du droit de la famille notamment, ce qui est particulièrement le cas en milieu rural. Chez les jeunes notaires, l’immobilier représente la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires. Or, le logement neuf a baissé de moitié et le logement ancien est passé de 1,2 million à 900 000 cette année environ.


Votre poste d'observation est le plus fiable, puisque les chiffres que vous avez sont définitifs, après négociation ; toutefois, c'est aussi le plus éloigné, puisque le bien signé dans votre étude a été négocié trois ou six mois plus tôt… Que notez-vous aujourd’hui ?

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