Panneaux retournés : les agriculteurs sont exaspérés par les normes écologiques.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Grégoire de Fournas, député RN de la Gironde : « Nous sommes face à une idéologie qui s’attaque à la culture française et à son mode de vie. »

Grégoire de Fournas, député RN de la Gironde, nous explique les raisons de la colère des agriculteurs qui retournent les panneaux des noms des villages.


L’Hebdo-Bourseplus : On voit ces panneaux retournés à l’entrée de nombreux villages de France, signe du vif mécontentement des agriculteurs, or les médias en parlent peu. Quelles sont les raisons de cette exaspération ?

Grégoire de Fournas : C’est la goutte qui fait déborder le vase chez les agriculteurs. En plus d’avoir des problèmes de rémunération, de rentabilité et de viabilité de leurs exploitations, ils ne supportent plus les contraintes environnementales qui leur sont imposées et qui sont nombreuses. Maintenant, il y a l’augmentation de la fiscalité sur le GNR (Gazole non routier) dans la nouvelle loi de finances, avec la redevance sur la pollution diffuse, des nouvelles taxes sur le phytosanitaire, et aussi des taxes sur l’eau. C’est un peu le même phénomène que l’on a vu lors du phénomène des Gilets jaunes : c’est-à-dire que l’on assiste à un ras-le-bol des Français face à la persécution fiscale sous prétexte de l’environnement. On est en train de voir cela aujourd’hui chez nos agriculteurs.


On a aussi le sentiment que tout est accepté et s’oublie très vite. Qu’est-ce qui pourrait déclencher une réelle prise de conscience, face aux conséquences néfastes de la multiplication de ces normes ?

Je fais partie d’un mouvement politique qui n’accepte pas ces normes ! Je viens de rédiger une tribune pour rappeler les efforts considérables des agriculteurs sur la question des phytosanitaires et que personne ne veut voir sciemment. Pourquoi le pouvoir refuse-t-il de comprendre que nous sommes à un point de rupture ? Je crois que ces gens sont déconnectés des réalités de la vie des agriculteurs et il y a aussi une injonction de l’Union européenne qui nous oblige à aller dans ce sens. Le gouvernement ne voit pas que chaque petit point de fiscalité supplémentaire, ou que chaque produit phytosanitaire que l’on retire, contribue à dégrader la compétitivité des exploitations agricoles qui sont concurrencées par la terre entière. On dégrade la rémunération des agriculteurs qui est déjà au plus mal, on affaiblit la production agricole, et l'on voit s’effondrer certaines filières agricoles. J’ai posé cette question au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, en lui demandant s’il avait conscience de la situation des agriculteurs, car chaque fois qu’il met un petit poids supplémentaire sur le fardeau des agriculteurs, il contribue à les faire couler. Si l'on augmente les taxes sur le GNR, on explique que c’est seulement 2 % par an, mais chaque fois on alourdit le boulet. Nos compétiteurs directs n’ont pas tous ces boulets aux pieds et ils courent beaucoup plus vite que nous...

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