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Les opérateurs inquiets sur l’avenir du logement en France.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Norbert Fanchon, président du Groupe Gambetta : « Les Français veulent vivre dans une maison et une partie de l’administration veut collectiviser l’industrie du logement. »
Le nombre de permis de construire s’effondre et les Français ont de plus en plus de mal à se loger. Les professionnels estiment que pour pouvoir construire davantage, il faut agir sur les éléments qui renchérissent le coût de la construction et qui déséquilibrent l’équation économique de la production de logements, qu'il s'agisse des prix du foncier ou des normes environnementales. Nous évoquons ce sujet avec Norbert Fanchon, président du Groupe Gambetta.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est votre photographie du marché du logement neuf ?
Norbert Fanchon : On n’a pas encore touché le fond de la piscine. Nous sommes globalement à 250 000 unités, alors que nous étions à 420 000 en 2021. On est à 70 000 maisons neuves. La promotion est aussi à 70 000, ainsi que les logements HLM et, en rajoutant les ventes en bloc, on arrive à 250 000 unités. Je pense que nous serons à 200 000 l’année prochaine et l'on aura enfin touché le fond de la piscine. On est face à une administration qui est persuadée qu’il faut faire seulement 100 000 logements neufs par an. Pour une partie de l’administration, le gouffre n’est pas encore terminé. Malheureusement, on n’a pas la même définition du nombre de logements qu’il faudrait faire en France par rapport à la croissance de la population. Tout cela crée des difficultés d’analyse, donc de solutions par rapport à la crise que l’on connaît. Nous sommes en train de créer une bombe sociale. Mais une certaine partie de l’administration estime que tout va bien et qu’il ne faut rien faire.
On parle beaucoup en ce moment de la non-artificialisation des sols. On vous demande de construire sur l’existant et de créer des étages supplémentaires…
Dans la non-artificialisation, il y a l’idée de rebâtir la ville sur la ville et tout le monde est pour. Cela fait des années que nous disons cela. Mais, pour créer de la valeur, il va falloir surélever les bâtiments. Il ne s’agit pas de prendre une vieille bâtisse et de la rénover, puisqu’il faut la démolir pour créer quelque chose de plus haut. Quand on est avec un R+4, il va falloir construire à R+6 ou R+7, c’est ce qu’il faudrait faire, mais les politiques ne suivent pas cela. Il est extrêmement rare de pouvoir surélever un bâtiment aujourd’hui et la hauteur est considérée comme une provocation dans les centres urbains. Je suis pour le ZAN, à condition que l’on refasse de la densité en ville par de la verticalité. Ensuite, la deuxième version du ZAN consiste à appliquer la même règle à tout le monde. Mais les Français veulent une maison, pas forcément un logement collectif. On sait qu’il y a des centaines de milliers de maisons abandonnées, qui n’ont plus de valeur, au bord des routes nationales, dans ce que l’on appelle la diagonale du vide. Ces maisons avaient un sens au début du XXe siècle. Donc, il faudrait imaginer le ZAN autrement, avec une démolition à un endroit et des constructions ailleurs. Malheureusement, nous sommes dans la contrainte. On ne prend pas en compte les éléments qui sont déjà artificialisés et qui n’ont plus d’utilité. On ne réfléchit pas à tout cela, notamment à la démolition dans les zones étendues.
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