La fracture s’accentue entre Paris et le reste de la France.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Christine Loir, députée RN de l’Eure : « Il est lamentable que dans notre pays on ne puisse plus donner à manger à ses enfants et payer ses factures. »

Christine Loir est députée RN de l'Eure. Cette ancienne auxiliaire de vie est à l’origine d’un rapport sur les jeunes et le numérique, au sein de la Délégation aux droits des enfants dont elle est membre. Ce document servira de base à une grande réflexion sur la protection de notre jeunesse. Membre de plusieurs groupes d’études (fin de vie, handicap et inclusion, ruralité, déserts médicaux et accès aux soins, tourisme et patrimoine, gens du voyage, sapeurs-pompiers, sécurité civile et gestion des crises), elle nous livre sa vision de son mandat : rester au plus près de la France rurale et des petites villes.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes issue de la société civile. Quel bilan tirez-vous de ces dix-huit mois à l’Assemblée nationale, notamment dans votre vie quotidienne de députée ?

Christine Loir : D’abord, cela représente énormément d’heures de travail. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’heures de travail. Les gens ne se rendent pas compte tout ce que l’on doit faire. À partir du moment où les gens ne nous voient pas à la télévision, ils s’imaginent que l’on ne travaille pas. Mais quand on explique comment se déroule une journée, avec les différentes commissions, les auditions, la présence dans l’hémicycle, le travail sur les propositions de loi, ils n’ont plus le même regard. Ce qui est désagréable, c’est parfois de voir des heures et des heures de travail jetées à la poubelle, pour nous députés, mais aussi pour nos collaborateurs, lorsque le 49.3 tombe. Mais rien n’est perdu et, le jour où nous arriverons au pouvoir, au moins nous aurons déjà fait beaucoup de travail en amont et l'on pourra donc tout remettre sur le tapis.


Dans votre circonscription, vous côtoyez ce que l’on appelle le pays réel : observez-vous une paupérisation croissante ?

Oui. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de détresse. J’ai toujours vécu comme tout le monde. J’étais assistante maternelle et, pourtant, je m'aperçois que j’étais dans une bulle. J’étais à mon compte et j’ai toujours beaucoup travaillé, en faisant en moyenne 195 heures par mois. Mais maintenant, en faisant des permanences régulières, je reçois énormément de personnes et j’entends beaucoup de détresse et de désarroi. On n’écoute plus les gens. Les services publics de proximité ont disparu. On a beau nous dire tout ce que l’on veut, il n’y a plus rien. J’ai l’impression d’être devenue une super assistante sociale. J’estime que si une personne a un problème, même si cela me semble être un petit problème, il peut être très important pour elle. Donc, si je peux essayer de lui retirer cette épine du pied, je le fais. Lorsque l’on est député, on a la chance d’avoir beaucoup de contacts et un coup de fil permet d’arranger beaucoup de choses. C’est finalement le côté réellement positif de mon mandat que d’être au service de la population.

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