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Allianz, Axa, Generali : les assureurs au risque des catastrophes naturelles.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 novembre 2023 (numéro 1.213) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre ”. Bonne lecture !!!
Lorsque l’on regarde les rendements, on s’aperçoit qu’il vaut mieux être actionnaire d’une entreprise d’assurance que de lui confier son argent, dans le cadre d’un placement, le rendement est largement supérieur. Cela ne doit pas vous faire oublier que les compagnies d’assurances sont des entreprises presque ordinaires, qui ont une activité, dont les conditions d’exercice changent de façon importante au fur et à mesure des années. Lorsque l’on voit les inondations catastrophiques dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, avec près de 300 communes dont les écoles sont toujours fermées, des dégâts énormes qui représentent une valeur d’au moins 1,5 milliard d’euros, on mesure l’ampleur du phénomène.
Inondations, tempêtes, émeutes...
Outre ces catastrophes climatiques, comme le coût des deux tempêtes qui sont intervenues sur le littoral français très récemment encore, avec un coût de 1,5 milliard d’euros environ, le monde de l’assurance a été touché, en France, par les émeutes de juillet dernier, qui ont amené pour plus de 1,1 milliard d’euros de dégâts assurés, ce qui ne tient pas compte des dégâts sur les édifices publics, l’Etat étant son propre assureur. Traditionnellement, les compagnies d’assurances ne couvrent pas le risque de guerre, aucune ne sera donc impactée par ce qui se passe actuellement au nord et à l’ouest d’Israël, et dans la bande de Gaza. Il faut savoir que les compagnies d’assurance européennes sont désormais assez concentrées avec trois leaders francs que sont le groupe allemand Allianz, le groupe d’origine française Axa et le groupe italien Generali. Ces entreprises se sont diversifiées à l’international et cherchent, pour un certain nombre de risques, à ne pas assumer l’intégralité en revendant une part à des compagnies de réassurance. Parmi les métiers des assureurs, outre une légère diversification bancaire, et, souvent, dans la gestion de placements, à travers notamment les contrats d’assurance-vie et de prévoyance, il y a l’assurance dommages des entreprises et les assurances dommages des particuliers.
Assurance dommage des entreprises : majeur chez Axa.
Pour un groupe comme Axa, l’assurance dommages des entreprises est l’activité la plus prépondérante, avec 25,8 milliards d’euros de CA sur les neuf premiers mois de l’année 2023 sur un total de 78,8 milliards. L’assurance dommages des particuliers, pour sa part, représentait 13,9 milliards d’euros de CA. Dans la dernière période, le groupe Axa s’est repositionné en arrêtant un certain nombre de métiers non stratégiques comme la réassurance de catastrophes naturelles, l’épargne traditionnelle et certains contrats d’assurance santé collective à l’international. La bonne santé du groupe Axa, en ces neuf premiers mois de 2023, lui a permis de ne pas refinancer pour plus d’un milliard d’euros de dette subordonnée, ce qui explique la légère baisse du ratio de solvabilité tombé de 235 % à 230 %. Depuis la vente progressive d’Equitable, en Amérique du Nord, la partie gestion d’actifs chez Axa est désormais ultra-minoritaire dans l’activité puisqu’elle ne représentait que 1,2 milliard d’euros de CA sur les neuf premiers mois de l’année. Avec le rachat de XL Assurances, dont il a fallu nettoyer le portefeuille, le groupe Axa est davantage équilibré dans ses géographies. Les très coûteux ouragans récents en Amérique du Nord amènent Axa XL Réassurance à réduire son exposition aux catastrophes naturelles. Cela pénalise le CA mais cela remonte le taux de marge.