Un croquis d'un immeuble

Les prix ne baissent pas suffisamment pour compenser la perte de pouvoir d’achat des Français, selon Guy Hoquet l’Immobilier.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

L’Observatoire Guy Hoquet l’Immobilier fait le point sur l’état du marché de la transaction à travers l’analyse de l’offre et des prix publiés par plus de 15 portails immobiliers de particuliers et de professionnels sur les 9 premiers mois de l’année. Entre inflation, hausse fulgurante des taux d’intérêt qui approchent la barre des 5% et conditions d’octroi des crédits qui ne sont pas assouplies, les stocks de biens s’accumulent et les durées de vente s’allongent, ce qui entraîne une décélération des prix de vente. Donc, l’offre se reconstitue, mais pas assez pour faire baisser significativement la valeur des biens. Par conséquent, la durée de vente moyenne d’un bien continue d’augmenter : 103 jours depuis le début de l’année, contre 91 l’année précédente. Stéphane Fritz, président de Guy Hoquet l’Immobilier, explique que « l’achat et la vente de logements sont contraints par un niveau d’inflation élevé, la hausse très rapide des taux de crédit immobilier et l’insuffisance structurelle de logements neufs. Sans une politique volontariste de construction pour répondre aux besoins des Français, avoir les moyens de se loger est en train de devenir un signe extérieur de richesse ». On observe une France à 2 vitesses : le Sud du pays et, dans une moindre mesure, la façade Ouest, enregistrent encore des hausses de prix sensiblement supérieures à la moyenne nationale. Certaines villes font figure d’exceptions en affichant des croissances de prix aÌ€ 2 chiffres en 1 an : Bastia (+14%), Antibes (+13,1%) ou encore Aix-en-Provence (+10,2%). Pour les autres régions, la tendance est soit à la stabilisation, soit à la baisse des prix.

Si un logement ancien s’affiche désormais à environ 368 000€, les Français ont perdu en moyenne 4m2 de surface en 1 an (109 m2 en moyenne aujourd’hui, versus 113 sur la même période l’année dernière). C’est toujours le segment des maisons (environ 60% des biens anciens mis en vente) qui résiste le mieux, avec des prix/m2 à +5,9% en 1 an. Une maison s’affiche désormais à 402 306 € en moyenne, pour une surface de 139m2. Paris - avec une quasi-stabilisation de ses prix/m2 affichés - conserve son statut de ville la plus chère à 12 604 €/m2. En revanche, toujours du côté des grandes métropoles, Marseille est la seule à afficher une valeur du prix/m2 en nette hausse en 1 an (+5,7%). C’est en Île-de-France que les ralentissements sont les plus marqués, en particulier la 1ʳᵉ couronne (départements 92, 93 et 94 : -1,1% en un an). Mais la région reste sur la 1ʳᵉ marche du podium en valeur, avec 5 903 €/m2 en moyenne vs 3 376 € sur l’ensemble du territoire.

Enfin, sur la question du DPE, Guy Hoquet l’Immobilier apporte un éclairage intéressant : « L’afflux de passoires thermiques sur le marché de la transaction n’est pas encore démontré. Les propriétaires de ces biens ne sont pas toujours prêts à endosser le prix de la décote lorsqu’ils ne peuvent pas engager de travaux de rénovation. Alors, à défaut de le louer ou de le vendre, ils le conservent dans leur patrimoine quand c’est possible. En revanche, à Paris, environ 25% de l’offre mise en vente est concernée. » Donc, contrairement aux idées reçues, la volumétrie de biens F et G mis en vente depuis le début de l’année progresse moins vite que celle des biens au DPE entre A et E. En effet, alors que l’offre de biens commercialisés a progressé de +7.2% en 1 an, celle des biens classés F et G n’a augmenté que de +2.4% sur la même période. Cependant, les biens les plus économes (avec un DPE A, B ou C) sont plus valorisés, alors que les plus énergivores subissent une réelle décote.

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