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Ukraine, Gaza, Iran, Taïwan : les risques majeurs de 2024 sur nos économies.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 17 novembre 2023 (numéro 1.212) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre ”. Bonne lecture !!!
Le ministre de l’Economie que le monde entier nous envie, un génie du nom de Bruno Le Maire, vient de proclamer, dans une sentence quasi-prophétique, que « la crise inflationniste est derrière nous ». C’est une phrase qu’il faut graver dans le marbre car elle va rester dans l’Histoire, un peu à la manière du « nous vaincrons car nous sommes les plus forts » du politicien de la Troisième République Paul Reynaud, quelques semaines seulement avant la plus écrasante défaite que la France ait jamais connue. Bruno Le Maire est célèbre pour avoir déclaré que l’Economie russe allait s’effondrer sous le coup des sanctions occidentales… Deux années plus tard ou presque, on voit qu’il n’en est rien et que la Russie connaîtra en 2023 une croissance au moins équivalente à celle de l’UE si ce n’est largement supérieure.
Aveuglement à Bercy.
Bref, l’écrivain qu’est Bruno Le Maire nous fait du roman et il ne voit rien, avec sa méthode Coué, des crises qui sont en cours ou qui se préparent. Avec deux porte-avions de la Marine US et un sous-marin nucléaire qui navigue au large des côtes d’Israël, on est au bord de la généralisation d’un conflit qui, pour le moment, ne touche que le mouvement terroriste Hamas et l’armée d’Israël mais qui pourrait à un moment ou un autre dégénérer, dans un embrasement général, avec l’arrivée des troupes du Hezbollah au nord et peut-être d’autres mouvements venus de pays arabes, à travers la frontière jordano-cisjordanienne. Les Etats-Unis ont très clairement livré un message à l’Iran, maître du Hezbollah : si vous lâchez vos chiens, nous lâcherons nos bombes et nous serons impliqués dans le conflit. Au moins c’est clair et l’ennemi iranien est désigné, il n’est pas certain que la dictature des Mollahs soit d’une grande sagesse, mais elle sait très bien qu’elle est en pleine révolution sociétale, avec entre 90 et 95 % de la population qui ne supporte plus le régime islamiste instauré en 1979, ultra-corrompu et inefficace. Il va sans dire que c’est l’Iran qui a lâché la bride à ses employés du mouvement terroriste Hamas pour l’attaque du 7 octobre.
Hamas, Hezbollah...  extension du conflit à l’Iran ?
Les armes du Hamas ont été fournies par l’Iran, tout le monde le sait. L’objectif de l’Iran, quelle que soit la rhétorique, n’est pas à proprement parler la destruction de l’Etat d’Israël, une sorte de leitmotiv mobilisateur des milices du régime depuis désormais plusieurs décennies. C’est beaucoup plus prosaïquement de faire en sorte qu’il ne puisse y avoir une réconciliation entre Israël et l’Arabie Saoudite. La Chine, soucieuse de récupérer de façon constante du pétrole assez bon marché, a joué les intermédiaires pour faire en sorte que les régimes ennemis de l’Arabie Saoudite et de l’Iran se parlent de nouveau, l’Iran ne voyait pas du tout d’un bon œil le fait que l’Arabie Saoudite puisse, dans le cadre du processus d’Abraham, se rapprocher d’Israël et nouer des relations sinon amicales du moins régulières d’Etat à Etat. Dans cet Orient compliqué, où il y a du pétrole et du gaz dans beaucoup d’endroits, il y a malheureusement beaucoup de craqueurs d’allumettes, ce qui peut entraîner une explosion généralisée et donc, n’en déplaise à Bruno Le Maire, un retour d’une énorme poussée inflationniste via les prix de l’Energie.