Les courtiers souhaitent que le « reste à vivre » soit davantage pris en considération.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Estelle Laurent, responsable de la communication de Credixia : « Nous avons de très beaux dossiers, avec pas mal de reste à vivre, mais nous avons eu des difficultés pour faire passer des demandes. »

Credixia indique qu’il est encore possible d’obtenir un crédit immobilier à 3% (hors assurance) sur dix ans pour acquérir sa résidence principale en Île-de-France. C’est le taux obtenu en octobre par un couple de trentenaires, primo-accédants, qui achètent leur résidence principale en Île de France (94). Le courtier explique : « Pour obtenir ce taux, il suffit de montrer un certain nombre d’atouts dont les banques raffolent, c’est-à-dire une stabilité des revenus professionnels, un endettement n’excédant pas les 35%, un apport personnel d’au moins 10%, une tenue de compte impeccable et l’acceptation de contreparties comme la domiciliation des salaires dans la nouvelle banque. Si, en plus, les emprunteurs placent tout ou partie de leur épargne disponible sur les livres de la banque, ils auront toutes les chances de négocier quelques avantages supplémentaires comme l’exonération des pénalités de remboursement anticipé ou une ristourne sur les frais de dossier bancaire. » Nous faisons le point sur la situation du marché immobilier avec Estelle Laurent, responsable de la communication de Credixia.


L’Hebdo-Bourseplus : Vos confrères font état d’une situation difficile, avec de nombreux dossiers de crédits refusés : quelle est votre photographie du marché immobilier ?

Estelle Laurent : Ce que vous dites est vrai. Nous avons connu une grosse période de difficultés de financement avec les banques, notamment en raison du taux d’usure, avec quasiment 50% des dossiers refusés. Ensuite, grâce à la mensualisation du taux d’usure, la situation s’est améliorée au bout de deux mois. Mais, maintenant, le problème vient des conditions d’obtention imposées par le HCSF, avec une durée de vingt-cinq ans, et surtout le taux d’endettement. Nous travaillons exclusivement sur l’Île-de-France et nous avons de très beaux dossiers, avec pas mal de reste à vivre, mais nous avons eu des difficultés pour faire passer des demandes. Même si les banques ont cette marge de dérogation, honnêtement, très peu acceptent de l’appliquer. Nous avons eu des clients avec 35 000 € par mois de revenus, un reste à vivre de 25 000 €, or le dossier ne passait pas. Depuis le mois de septembre, nous observons que des banques qui avaient un peu disparu du marché, comme la Société Générale ou la Caisse d’épargne, reviennent. Il y a aussi des banques qui proposent des taux bonifiés pour le PTZ. Donc, les nouvelles ne sont pas si mauvaises pour cette fin d’année.


La question du reste à vivre est-elle le principal message que vous lanceriez aux pouvoirs publics ?

Complètement. La question des 35 % d’endettement est une bonne initiative, mais il ne faut pas rester sur cette notion. La situation n’est pas la même lorsque l’on a deux personnes qui gagnent 2 000 € chacune, ou lorsqu’elles gagnent 10 000 €. Aujourd’hui, les banques sont tellement frileuses à l’idée de se faire taper sur les doigts, qu’elles ne mettent pas en place cette dérogation. Avec toutes les sous-catégories qui sont imposées, c’est un vrai casse-tête chinois que de vouloir respecter les normes.

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