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Rencontre avec deux maires indépendantistes corses.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Marc Rodriguez, maire de Poggio-di-Venaco (Haute-Corse), et François Benedetti, maire de Luggo-di-Naza (Haute-Corse) : « La dotation globale de fonctionnement de la Corse est inférieure aux recettes du prélèvement fiscal qui part à Bercy. »
L'organisation internationale des « non-alignés » est actuellement présidée par l'Azerbaïdjan et tous les mouvements indépendantistes ont été reçus le weekend dernier à Bakou. Or, les régions françaises des DOM, des TOM et la Corse y étaient représentées. L’Hebdo-Bourseplus est un journal libre et, évidemment, les propos des personnes interrogées n’engagent pas sa ligne éditoriale. Cependant, il est intéressant de se pencher sur cette question sensible car, avec l’affaire du passe sanitaire, la hausse des taxes, les normes européennes ou les prix de l’essence, les courants indépendantistes se font entendre davantage.
Ainsi, en Martinique, le chef indépendantiste représente 30% des voix. En Corse, toutes les forces indépendantistes ont décidé de s’unir pour créer un grand mouvement politique. Les pays non-alignés - en froid avec la politique française actuelle - entendent faire payer à la France sa politique et ils ont décidé de soutenir les revendications de ces structures auprès des instances internationales, notamment à l’ONU. Le Gabon, qui prendra la présidence des « non-alignés » en janvier prochain, a confirmé son intention de poursuivre ce combat. Un avertissement que le gouvernement français devrait prendre au sérieux en révisant ses politiques et ses normes auprès de populations qui n’en veulent pas.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous allez plus loin que les autonomistes, puisque vous vous battez pour l’indépendance de la Corse. Que répondez-vous à ceux qui ricanent en alléguant que la Corse ne serait rien sans la France ?
Jean-Marc Rodriguez : Ce n’est pas nouveau. On nous a dit que nous pourrions manger des châtaignes si nous étions indépendants... Les gens ignorent que la Corse est capable d’avoir son autonomie alimentaire grâce aux nombreuses cultures qui existent, et qui sont encore à développer, malgré les insuffisances de la France dans ce domaine. On nous impose des contraintes françaises et européennes qui ne sont pas justifiées en Corse, notamment dans la production des produits laitiers. Sur le plan financier, on peut parler de la base aérienne de Solenzara qui ne rapporte pas un centime à la collectivité de Corse, alors qu’elle produit des milliards de location en tant que base de l’OTAN.
François Benedetti : Ma réponse est toujours la suivante : quel bilan faites-vous de la dépendance ? C’est une catastrophe à tous les niveaux. C’est une catastrophe sur le plan économique, c’est une catastrophe sur le plan social, c’est une catastrophe sur le plan médical. Il y a 30 000 personnes qui doivent aller se faire soigner à Nice ou à Marseille chaque année, avec tous les inconvénients que cela pose. Il y a un échec total de la présence française, au niveau culturel aussi. Notre pays est livré à une colonisation de peuplement, avec une substitution de population. C’est quelque chose qui s’est accéléré depuis 2014, avec une volonté de faire venir 4 000 personnes par an du continent, parce qu’ils ont la tranquillité, et ce sont souvent des gens inactifs, particulièrement des retraités. Sur le plan culturel, c’est une catastrophe.
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