Il existe des alternatives à la suppression annoncée du Pinel.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
Youri Burrati, directeur général de l’entité Monuments historiques d’Angelys Group : « L’investissement Malraux peut venir compenser la perte que l’on pourrait avoir en Pinel. »
Considérés comme trop coûteux pour les finances publiques, tous les dispositifs Pinel (Pinel classique, Pinel +) prendront fin le 31 décembre 2024. Un coup dur, surtout pour les ménages modestes qui ont investi massivement dans l’immobilier neuf ou ancien, afin de bénéficier de réductions d’impôts grâce au Pinel. Angelys Group, acteur majeur de la restauration d’immeubles anciens et de la défiscalisation immobilière, souligne dans une étude qu’il existe des alternatives, notamment via les dispositifs Malraux ou le Déficit Foncier. Nous évoquons ce sujet avec Youri Burrati, directeur général de l’entité Monuments historiques d’Angelys Group.
L’Hebdo-Bourseplus : On observe une baisse des investissements individuels dans l’immobilier. Est-ce la fin d’une époque ? L’investissement immobilier va-t-il être davantage réservé aux institutionnels ?
Youri Burrati : La baisse que l’on constate depuis la hausse des taux et les différentes annonces, notamment autour du Pinel, traduit une réaction de recul des investisseurs. Quand nous avons des investisseurs en ligne, ils nous disent qu’ils ont envie d’attendre que les taux reviennent à la normale. Or, ce qui était anormal, c’était les taux à 1 % que nous avions il y a deux ans. Il y a une vingtaine d’années, lorsque l'on achetait de l’immobilier, les taux étaient à 7 ou 8 %, l’immobilier était moins cher, mais cela ne freinait personne. Évidemment, on recherche un avantage fiscal quand on investit, mais l’idée est aussi d’avoir du patrimoine qui génère du revenu pour un complément de retraite. C’est un besoin vital, puisque le système de retraite par répartition sera de plus en plus dégressif. Face à cela, je ne vois pas comment les particuliers n’investiraient plus. Il y a un état de sidération en ce moment. Mais, après, l’immobilier reprendra car cela correspond à un besoin. Aujourd’hui, nous avons besoin de 370 000 logements supplémentaires chaque année, donc forcément le secteur immobilier va repartir. Même si le gouvernement dit qu’il va acheter tous les lots des promoteurs à travers la Caisse des dépôts et consignations, ce seront en réalité des négociations avec les gros promoteurs, puisque les petits ou les moyens promoteurs n’auront pas accès à tout cela. La crise va certainement durer encore tout au long de l’année 2024 et les choses repartiront sans doute normalement en 2025. Si je devais investir aujourd’hui, je considère que c’est une bonne opportunité, puisqu’il est possible de négocier l’immobilier moins cher car les prix baissent. Même si les taux sont importants, ce n’est pas un problème et l'on pourra toujours renégocier le taux ensuite.
Dans ce contexte, l’investisseur immobilier doit-il être davantage accompagné en raison de la multiplication des normes ? Doit-il aussi trouver d’autres chemins, par exemple en s’intéressant aux Monuments historiques ?
La base des investisseurs qui tournait sur le Pinel, et tous ces dispositifs qui vont s’arrêter, était essentiellement constituée de gens qui n’ont pas de revenus conséquents. Les Monuments historiques, c’est différent et il faut déjà avoir des revenus très conséquents pour que cet investissement ait du sens. Après, dans la création de patrimoine en tant que tel, je pense que l’immobilier, même si c’est un secteur très taxé et très contraignant, cela restera. Il y aura peut-être une diversification dans d’autres typologies de produits, mais la difficulté pour les investisseurs qui n’ont pas de montant de départ à mettre, c’est que, quand vous voulez acheter un produit financier, il faut des sous, alors que dans l’immobilier la banque vous prête de l’argent, ce qui permet d’investir avec très peu d’argent. Cela a du sens pour les gens qui veulent se construire un patrimoine, sans pour autant investir des sommes folles au départ. Donc, l’immobilier correspond à un besoin essentiel : celui de se loger. Il y a une carence de logements et, forcément, cela va être un support d’investissement qui va rester pérenne dans le temps.
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