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Turquie : le nouvel homme fragile de l'Europe... et du Moyen-Orient
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 27 octobre 2023 (numéro 1.209) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre ”. Bonne lecture !!!
Au XIXe siècle, l’Empire ottoman avait récupéré le sobriquet d’« homme fragile de l’Europe » parce que, dans le concert européen, face à l’expansion russe, avec les expansions des empires centraux d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, avec les nationalismes dans la zone des Balkans, depuis l’indépendance grecque, en 1828, l’empire dirigé par les Turcs n’a cessé de se réduire comme peau de chagrin.
A la veille de la Première Guerre mondiale, il venait tout juste de perdre sa domination sur les côtes de Libye, au profit de l’Italie et quelques îles supplémentaires dans la mer Égée, toujours au profit de l’Italie et aussi de la Grèce. Il y avait eu des guerres balkaniques, avec des renversements d’alliance, et il avait, de justesse, conservé une maigre emprise sur le continent européen, tout en gardant une domination forte au Moyen-Orient, en Palestine, en Syrie, au Liban, en Irak et dans ce qui est devenu l’Arabie Saoudite.
Démantèlement complet...  avant révision du traité de Sèvres.
De même que l’Empire austro-hongrois a été totalement démantelé, éclaté entre la Tchécoslovaquie (dont une forte minorité allemande en Bohême), la Yougoslavie, la Hongrie et une toute petite Autriche résiduelle, l’Empire ottoman, dans les premiers traités de paix, était complètement désossé, avec une partie de l’Asie mineure accordée aux Grecs, la Cilicie donnée en mandat aux Français en compagnie de la Syrie et du Liban, et une petite zone résiduelle sous la domination turque, puisque les Kurdes habitaient surtout en Cilicie. Avec la guerre gréco-turque, où s’illustra l’ancien colonel Mustapha Kemal qui organisa très bien la défense du détroit des Dardanelles lors de l’attaque franco-anglaise de la Première Guerre mondiale, il en a été terminé de la présence grecque sur les rives de la mer Noire, et toute la population grecque ce Smyrne et de l’Asie mineure fut soit massacrée soit forcée à s’en aller sans armes et sans bagages. Pour faire bonne mesure, les Turcs et les Kurdes se sont attachés à massacrer quelques dizaines de milliers d’Arméniens de plus, qui avaient réchappé au génocide de 1915. A l’époque, l’armée turque reçut une aide en matériels militaires particulièrement précieuse de la part de la Russie soviétisée dirigée par Lénine.
Lausanne : la fin desespoirs kurdes.