Réveille ton potentiel financier.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Fabrice Moisy n’est pas un conseiller financier, ses conférences se rapprochent souvent du développement personnel, et à travers ce titre de coach en solutions patrimoniales, il incite ses auditeurs à ne pas craindre de devenir des investisseurs. En effet, il s'agit d'un mal français, la peur de l’argent, la crainte d’investir, ou considérer que gagner de l’argent en bourse est quelque chose de mal… Ce sont des thèmes qui intéressent cet auteur. Il vient de publier un ouvrage intitulé « Réveille ton potentiel financier » et nous évoquons ce sujet avec lui. D'emblée, il souligne qu'il est nécessaire de savoir partir sur de bonnes bases : « Il faut déjà maîtriser nos croyances limitantes, qui sont souvent issues de nos croyances familiales. Lorsque l’on a bien compris cela, on a les bonnes bases pour construire les bonnes fondations et se fixer des objectifs. Quand je fais des conférences auprès des chefs d’entreprise, j’explique que nos croyances limitantes sont issues de trois raisons principales. D’abord, il y a la culture paysanne : c’est souvent l’argent liquide qui était gardé à la maison, avec un silence complet sur cette question, par crainte de se le faire voler ou de créer de la jalousie. C’est très prégnant dans notre culture. Ensuite, il y a la culture catholique, qui a longtemps considéré qu’il était mal perçu d’être riche. Cela a créé énormément de malentendus. Enfin, la Révolution française est passée par là. La noblesse et le clergé ne payaient pas d’impôts, alors que le tiers État, c’est-à-dire 95 % de la population, croulait sous les dettes. La Révolution française a créé le sentiment de l’égalité matérielle dont les Français ne veulent plus se débarrasser aujourd’hui. Il fallait être égaux à tous les niveaux. Rousseau disait qu’une communauté politique ne peut pas exister dans une inégalité de richesse trop forte. Tout cela a appuyé la philosophie révolutionnaire qui considérait que l’argent était une source d’inégalités. En face, la culture paysanne faisait que l’argent était quelque chose de secret et la culture catholique disait que c’était quelque chose de mal. »

Il convient aussi de développer, pas simplement une culture économique, mais aussi une culture de l’investissement car, pour la plupart de nos compatriotes, le patrimoine se résume à l’immobilier : « Dans la création de patrimoine, il y a deux piliers essentiels, l’immobilier et les placements financiers. Lorsque l’on développe son patrimoine, il y a une règle simple, c’est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il faut diversifier son patrimoine. Les Français ont toujours été attachés à la terre, donc ils aiment bien avoir un bien physique, mais il existe d’autres solutions à travers des placements financiers, comme avoir des parts d’immeubles professionnels ou de commerces. Les gens ont finalement très peu de connaissances. Ils entendent parler de certaines choses sur Internet, mais ils ne sont pas forcément très au fait de tout ce qui se passe. L’argent est un sujet tabou et, qui dit sujet tabou, dit que les gens ne sont pas forcément compétents sur ces sujets. »

Dans cet ouvrage, il s’adresse à un public qui n’a pas reçu d'éducation financière et en rappelle quelques bases : « L’une des clés de l’éducation financière, c’est la maîtrise de quelques piliers importants. Le premier, c’est l’épargne, c’est la capacité de garder de l’argent, de ne pas tout dépenser, pour réaliser des projets futurs. Il existe trois catégories d’épargne. Il y a l’épargne de court terme, c’est l’épargne destinée à réaliser un objectif de court terme, comme changer de voiture ou acheter de l’électroménager, cela représente un à trois mois de salaire que l’on garde sur un livret et elle est faiblement rémunérée. Ensuite, on épargne pour réaliser des objectifs à moyenne échéance, comme acheter une maison ou financer les études des enfants. Enfin, il y a l’épargne retraite, c’est de l’épargne issue d’investissements passés pour compenser la baisse de revenus au moment de la retraite. On sait que de nombreuses personnes auront des revenus moins importants au moment de leur retraite. Or, les études indiquent que lors des premières années de sa retraite, on dépense plus d’argent que quand on était salarié. Donc, il est important d’en avoir. » N’oublions pas le domaine le plus sensible : « Il faut maîtriser les taxes et les impôts. La moitié des Français ne paient pas d’impôts et j’aime bien comparer les impôts à l’image d’un seau d’eau qui a un trou. L’eau qui remplit le seau, c’est ce que vous gagnez, et l’eau qui coule des trous, ce sont les impôts. Plus on remplit le seau d’eau, plus la quantité d’eau qui sort est importante. C’est la même chose pour l’épargne. Il est donc important d’optimiser sa fiscalité, tout en continuant de payer des impôts à l’État en tant que citoyen. »

L’éducation financière implique par ailleurs la question du crédit : « Le crédit peut être le meilleur, une source d’enrichissement, mais aussi une source d’appauvrissement, notamment en raison des crédits à la consommation qui sont une véritable source d’appauvrissement. Tout cela doit être vu comme un investissement. La création de patrimoine ne dépend pas de nos revenus, mais de notre capacité à mettre de l’argent de côté. Si quelqu’un qui gagne plus de 5 000 euros n’est pas capable de mettre de l’argent de côté, il aura un patrimoine beaucoup plus faible à la fin de sa carrière qu’une personne qui est capable d’économiser 100 euros par mois. Épargner 100 euros par mois sur 25 ans, en se positionnant sur la performance du CAC 40 au cours de ces 40 dernières années, permettrait d’avoir quasiment 1 million d’euros au bout d’une quarantaine d’années. Il faut investir progressivement et le plus tôt possible. »

L'acquisition d'une éducation financière est aujourd’hui plus que jamais urgente dans un contexte inflationniste élevé : « Imaginez par exemple que si l’inflation se maintenait à un niveau de 5% pendant 5 ans, une personne ayant 10 000 euros sur un compte courant non rémunéré aurait perdu à l’issue de cette période 2500 euros, soit un quart de sa valeur initiale ! » En conclusion, il faut profiter de la vie évidemment, mais il importe de mettre de l’argent de côté, l’idée étant de placer au moins 10 % de ses revenus dans son épargne, mais dans une épargne efficace évidemment…

« Réveille ton potentiel financier. » de Fabrice Moisy est publié aux Éditions You Story.

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