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Le combat contre l’illettrisme des jeunes doit être une priorité nationale.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher : « L’apprentissage de la lecture doit se faire par la méthode syllabique. »
Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher, a notamment été membre de l’Inspection générale de l’Education nationale, avant de devenir conseiller au cabinet de Gilles de Robien, directeur de l’encadrement au ministère de l’Éducation nationale, et conseiller pour l’éducation de François Fillon pendant cinq ans.
L’Hebdo-Bourseplus : Les jeunes font de plus en plus de fautes d'orthographe et le niveau de compréhension après la lecture d'un texte est aussi en baisse. Partagez-vous cette opinion que l’on entend formuler fréquemment ?
Roger Chudeau : Le niveau de nos étudiants s'est littéralement effondré au cours de ces dernières décennies et plus personne ne peut nier cela. Pendant un certain temps, certains ont expliqué que le niveau ne baissait pas, car cela fait des siècles que l'on dit que le niveau baisse d'une génération à l'autre, mais cet argument ne tient pas face aux réalités. Par exemple, lors des Journées Défense et Citoyenneté, toute une classe d'âge est invitée à passer des tests de compréhension, or nous avons à peu près 11 % d'illettrés, c'est-à-dire de jeunes qui ne comprennent même pas ce qu'ils lisent. Ensuite, un quart des jeunes ont des difficultés à lire de manière fluide, après treize ans passés dans le système éducatif. C'est un indicateur qui ne ment pas. Donc, il y a véritablement un effondrement. Après le baccalauréat, qui est devenu une triste comédie avec 98% de réussite, on observe que la moitié des bacheliers échouent en première année d'université.
Cela montre bien que l'enseignement secondaire est en faillite. À l'université, les professeurs sont catastrophés, y compris en licence ou en master, par le niveau d'ignorance des étudiants, mais aussi par une certaine forme d'inculture, alors que la culture générale est quand même la base de tout enseignement supérieur. Il y a assurément péril en la demeure. C'est un constat qui est partagé par tous les groupes politiques.
Je pense même que Gabriel Attal, qui s'était réjoui de sa nomination à la tête de cet immense ministère, est en train de se rendre compte de l'étendue des dégâts, ce qui explique sa fébrilité car il ne se passe pas une semaine sans qu'il fasse deux ou trois annonces. Il a annoncé la création d'une commission ad hoc pour travailler en huit semaines sur toutes les réformes nécessaires. C'est bien, parce que cela fait à peu près trente ans que d'autres s'y sont collés, mais il veut réussir cela en huit semaines... Cette fébrilité montre bien qu'il mesure l'étendue des dégâts. C'est exactement comme Emmanuel Macron, qui dit des choses inouïes, qu'il faut garder présentes à l'esprit, notamment que l'Éducation nationale relève du régalien, comme la Justice, la Défense ou les Affaires étrangères, et que cela relève du domaine réservé du président de la République. Emmanuel Macron a tous les indicateurs sous la main pour s'apercevoir de la situation réelle et il considère qu'il doit prendre la main pour essayer de redresser la barre au cours des trois prochaines années.
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