Un croquis d'un immeuble

Knight Frank annonce une chute inédite de l’investissement en immobilier d’entreprise à la fin du 3e trimestre 2023.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Selon la dernière étude de Knight Frank, après un 1er semestre morose, le ralentissement du marché français de l’investissement en immobilier d’entreprise a atteint un nouveau palier au cours de la période estivale : « L’attentisme des investisseurs à l’égard de l’immobilier est plus que jamais de mise. Un peu moins d’1,8 milliard d’euros ont ainsi été investis en France au 3e trimestre 2023, volume en baisse de 43 % par rapport au trimestre précédent et quasiment divisé par cinq par rapport à la même période l’an passé ! Il faut remonter à 2009, en pleine crise financière internationale, pour retrouver un résultat trimestriel aussi faible » annonce Antoine Grignon, directeur du département Investissement chez Knight Frank France. Les sommes engagées au 3e trimestre 2023 portent à près de 8,7 milliards d’euros l’ensemble des volumes investis en France depuis janvier, soit une chute de 58 % sur un an et de 47 % par rapport à la moyenne décennale.

Ainsi, « après un 1er semestre atone, les volumes investis sur le marché français des bureaux ont continué de diminuer au 3e trimestre 2023, totalisant 1,1 milliard d’euros sur la période contre un peu moins de deux milliards d’euros lors de chacun des deux précédents trimestres. Le cumul des neufs premiers mois dépasse à peine 4,9 milliards d’euros, très loin des 10,5 milliards de la même époque l’an passé et des 16,5 milliards du pic de 2019 à la fin du 3e trimestre » précise Antoine Grignon. Les bureaux concentrent malgré tout la majorité des volumes investis en France depuis janvier, soit 57 % contre 25 % pour les commerces et 18 % pour l’industriel. En région, la baisse des volumes investis en bureaux est moins forte qu’à l’échelle nationale (- 40 % sur un an contre - 53 %). Les taux de vacance y sont généralement assez faibles, et les actifs plus liquides et faciles à financer en raison de montants moins élevés. En Ile-de-France, où les sommes engagées en bureaux ont décroché de 57 % en un an, l’activité est plus que jamais concentrée sur Paris intra-muros (58 %) et le Croissant Ouest (25 %). » Les commerces sont quant à eux redevenus plus attractifs pour un nombre croissant d’investisseurs : « Depuis la fin des confinements, leur retour au premier plan ne se dément pas, ceux-ci bénéficiant de plusieurs évolutions favorables comme le retour des touristes étrangers et la baisse de la vacance à Paris ou, en périphérie, le dynamisme de la demande des enseignes, l’assèchement des projets de développement et les perspectives de valorisation du foncier. Ces opportunités ne se traduisent pas pour autant par un rebond des sommes engagées sur le marché des commerces, lui aussi pénalisé par la hausse des taux d’intérêt. » Cependant, « après un 3e trimestre atone, les volumes investis en commerces pourraient rebondir assez rapidement grâce aux bons fondamentaux du marché locatif et au repricing acté depuis de longs mois sur cette typologie de biens. »

Enfin, « les sommes engagées sur le marché français de l’immobilier industriel sont également en net recul, s’élevant à près de 400 millions d’euros au 3e trimestre 2023 et à 1,5 milliard d’euros depuis le début de l’année (- 72 % par rapport à la même période l’an passé). Cette classe d’actif ne représente que 17 % des montants engagés à date sur le marché français de l’immobilier d’entreprise, contre 25 % en moyenne lors des deux dernières années. Comme pour les commerces, ce recul n’est pas le signe d’une désaffection des investisseurs mais avant tout la conséquence de la remontée des taux d’intérêt, qui a réduit le nombre de grandes transactions et de cessions de portefeuilles en particulier ».

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