Une start-up aide les entreprises à innover et à créer des nouveaux produits.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Yannick URRIEN

Philippe Mihelic, cofondateur de 66 Origin : « Une société ne gagnera jamais de l’argent la première année avec une innovation. »

En accélérant la transition numérique et en remettant au premier plan les enjeux RSE, la crise sanitaire a fait voler en éclats les modèles économiques des entreprises françaises. Elles sont aujourd'hui en décalage profond avec la société et le contexte environnemental. Si la plupart d'entre elles en ont conscience, elles sont vite confrontées à des contraintes et à des freins culturels internes qui les empêchent de se réinventer pour se développer et se diversifier. C'est pour cela que six anciens directeurs de création de FullSIX, l'une des agences de communication digitale leader au niveau européen jusqu'en 2015 (date de son rachat par Havas), ont lancé 66 Origin. Le concept est un studio d'innovation « nouvelle génération » spécialement conçu pour imaginer, designer et développer le monde d'après. Avec une particularité : ce studio intègre les véritables besoins de ses clients pour leur offrir une capacité, une qualité et une rapidité d'exécution inégalées.


L’Hebdo-Bourseplus : Beaucoup de PME s’interrogent face à l’évolution de la société, en ne sachant pas très bien comment adapter leurs produits : intervenez-vous comme un cabinet de consultants pour les aider à innover ?

Philippe Mihelic : C’est un résumé en partie, parce que nous intervenons comme un soutien externe car il est assez compliqué d’innover en interne. L’innovation, c’est le futur, mais cela ne rapporte pas de chiffre d’affaires immédiatement. Donc, faire sortir les forces vives d’une entreprise de ce qui rapporte du chiffre d’affaires immédiatement, pour les amener vers une activité qui va apporter du chiffre d’affaires dans quelques années, c’est assez compliqué. Nous sommes un partenaire externe qui permet de travailler de manière opérationnelle. On passe de l’idée au concept, jusqu’au prototypage, et même jusqu’à l’industrialisation, tout cela en un temps record, avec une exigence de qualité. Il y a énormément de compétition et, ce qui va faire la différence, c’est la qualité d’exécution de ce que l’on est capable de sortir.


Prenons l’exemple de Kodak qui gagnait sa vie avec la pellicule argentique : que m’auriez-vous dit pour me convaincre de passer au numérique ?

Ce qui s’est passé avec Kodak est très intéressant. Ils avaient déposé tous les brevets sur le numérique à l’époque et ils avaient même créé une entité spécifique. Mais ils ont essayé de freiner l’industrie du numérique en protégeant leurs brevets. Ils auraient dû travailler sur un vase communicant entre les deux activités. Kodak aurait pu rester un grand acteur de la photographie, en prenant le virage du numérique, comme a su le faire Fuji qui a su développer sa propre identité numérique. Kodak avait deux choix. D’abord, considérer que son métier c’est la chimie, en développant d’autres activités dans la chimie, mais ils se sont dit que leur métier c’était à la fois la photographie et la chimie.

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