Chine : crise économique qui va dériver vers l'escalade militaire ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 octobre 2023 (numéro 1.206) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre ”. Bonne lecture !!!

En Chine, l’Economie ne va pas si mal que cela, si on la compare à ce qu’il y avait il y a vingt ans, encore plus avec la situation d’il y a quarante ans, mais celles et ceux qui ont prolongé des courbes à l’infini et considéré que des positions acquises étaient maintenables se sont mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude. On a connu les déboires de Danone, qui a vu son associé, député au « Parlement chinois », pomper dans la caisse pour créer une entreprise parallèle, deux fois plus importante que la coentreprise, et in fine, Danone a été obligé de sortir du marché chinois dans les eaux améliorées. On a connu Carrefour, qui est parti avec pertes et sans fracas, n’ayant pas vraiment réussi alors que, au début, il tonitruait la percée de ses hypermarchés en Chine.


Les déboires de nos entreprises.


Citroën puis dans la foulée Peugeot ont connu un certain engouement… après un vrai effondrement, la marque DS, conçue à l’origine pour la Chine et surtout pour concurrencer Audi, n’a jamais percé même si elle reste localement, là encore, et c’est aussi constaté pour les marques de l’ancien Fiat Chrysler Automobile, il n’y a pas eu de réussite dans ce qui était présenté, à juste titre, comme l’eldorado de l’industrie automobile. On se souvient que Volkswagen faisait jusqu’à 70 % de ses profits sur le marché chinois, notamment en vendant des Passat largement amorties en Europe et sur d’autres continents qui étaient achetées, comme des petits pains chauds, par les dignitaires du Parti communiste chinois heureux d’avoir des berlines fiables, certes onéreuses mais tout au moins représentatives d’une certaine réussite sociale vu la place qu’il y avait aux genoux au deuxième rang, vu qu’ils avaient un chauffeur. Le patron du groupe Volkswagen, désormais, se mord les doigts de sa dépendance au marché chinois, où il est en train de baisser tant en volumes qu’en parts de marché, avec notamment une absence totale de réussite sur le segment des voitures électriques où il brade ses ID.3 et ID.4, sans pour autant rencontrer le succès.


Un marché dirigé, statistiques à prendre avec des pincettes.

Le marché chinois est un marché dirigé, subventionné, étatique même si la liberté du commerce y est grande. Dans un secteur aussi particulier que le logement, on constate que l’immobilier est en train de s’effondrer et que, sans aides de l’Etat, un tiers des principaux promoteurs immobiliers chinois seraient actuellement en faillite. Tout le monde est d’accord pour dire que les statistiques qui sont publiées par les organismes d’Etat chinois ont un degré de fiabilité perfectible. De la même manière que le Parti communiste n’est pas un parti démocratique, les statistiques qui sont publiées par la Chine ne sont pas véritablement des vraies analyses économiques. C’est ce que l’Etat veut laisser dire, même si cela peut se corroborer, parfois, avec de véritables indicateurs comme les échanges internationaux, qui sont croisés par des statistiques d’autres provenances (si la Chine exporte, les produits chinois sont importés, il y a donc double comptabilité à la sortie puis à l’entrée du pays destinataire). Depuis le mois d’avril dernier, l’activité manufacturière en Chine est en repli. Parfois il y a un petit sursaut, la plupart du temps, même dans les statistiques officielles, on dénote un certain pessimisme. Il faut savoir que les Chinois, plutôt que de consommer, ont désiré mettre de l’argent de côté en vue de leur retraite (ils ne peuvent plus bénéficier comme dans le passé de leur descendance pour les y aider), dans l’immobilier.

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