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Une commune rachète ses commerces vacants pour éviter de les voir disparaître.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Gérard Sauget, maire de Pellevoisin (Indre) : « Un multiservice est un pansement, alors que nous faisons du long terme. »
Gérard Sauget, maire de Pellevoisin, un village de 800 habitants dans le département de l’Indre, est convaincu que la seule création d’un commerce multiservice n’est pas suffisante pour entretenir l’attractivité d’une commune. Il est donc nécessaire d’avoir une offre diversifiée de commerces. Ainsi, la mairie possède les murs de plusieurs de ses commerces : boulangerie, boucherie, épicerie, salon de coiffure, auxquels vient s'ajouter la maison de santé. Chaque fois que les repreneurs n'avaient pas les moyens de maintenir l'activité, la commune a racheté les locaux.
L’Hebdo-Bourseplus : Beaucoup de maires reprennent simplement un commerce local, or vous avez une démarche beaucoup plus large, concernant différents établissements. Est-ce le rôle d’une municipalité, même à titre provisoire, d'assurer le maintien d'une vie commerciale ?
Gérard Sauget : Oui, si l'on veut maintenir une vie dans un village, il faut qu’il y ait un minimum vital. Ce n’est pas simplement une épicerie, comme on a tendance à le croire aujourd’hui, mais il faut tous les commerces. Je ne dis pas que le multiservice est inutile, mais c’est un peu un bouche-trou. Si l'on veut proposer un minimum vital pour attirer des gens, il faut avoir plusieurs commerces, c’est ce qui fait que de nouvelles familles sont tentées de s’installer. Pour moi, un multiservice est un pansement, alors que nous faisons du long terme. On a engagé la commune, on s’est endetté un peu, évidemment, mais au final c’est une opération blanche puisque les loyers remboursent le montant de l’emprunt.
Vous avez les murs de la boucherie, mais si un privé voulait reprendre intégralement le commerce, seriez-vous prêts à le lui céder ?
Évidemment. Mais lorsque le porteur de projet va voir une banque pour acheter une boucherie 200 000 €, le banquier va rigoler et lui dire que ce ne sera pas viable à Pellevoisin. Je prends l’exemple de la boulangerie qui avait été vendue 170 000 € en 2011 : elle a dû fermer ses portes en 2015, pour des raisons de mauvaise gestion. On a fait ce qu’il fallait pour que les gens ne manquent pas de pain, notamment en créant un dépôt de pain et, ensuite, on a décidé de chercher un porteur de projet, en rachetant le fonds et les murs. Nous avons eu la chance de trouver un couple de jeunes. Toutefois, quand ils sont allés voir la banque, elle n’a jamais voulu leur prêter d’argent. Le banquier leur a expliqué qu’il fallait 1300 habitants pour faire vivre une boulangerie. Ce sont des bêtises, car ils ont fait un prévisionnel pour s’installer et l'on constate qu’ils ont dépassé leur prévisionnel de 300 %. Donc, cela marche très bien. C’est la même chose pour la boucherie. Cependant, pour que cela fonctionne, il faut faire de la qualité. Si vous avez envie de travailler et si vous faites de la qualité, cela tourne.