⟵ Retour
Sous l’angle des « vagues d’Elliott »
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Pour répondre à la demande d’un de nos fidèles lecteurs et abonné, je vous propose de tenter d’analyser l’évolution actuelle des marchés et plus particulièrement celle du Cac 40 avec le prisme de la vieille théorie des « Vagues d’Elliott ». Pour mémoire, selon cette théorie, l’évolution des marchés a tendance à suivre un schéma répétitif (« patern » chez les anglo-saxons) de cinq vagues comprenant trois vagues dites « d’impulsion » numérotées en chiffres impairs 1,3 et 5 qui alternent avec 2 vagues dites de « consolidation » portant les numéros pairs 2 et 4. L’ensemble de la séquence représentée par les vagues de 1 à 5 étant ensuite corrigée à son tour par des vagues dites de « correction » a, b et c respectivement baissière, haussière puis baissière. L’ensemble 1 à 5 et a, b, c formant la grande vague V de degré supérieur, soit en l’occurrence la dernière vague du cycle majeur commencé en mars 2020 avec le creux de la crise sanitaire de 3.636 points. Cette dernière serait sensée par conséquent représenter théoriquement la dernière étape haussière de la séquence I à V, autrement dit, la fin du cycle haussier majeur. Sur le graphique actuel du Cac 40, j’ai tenté de démembrer cette dernière vague haussière majeure V, qui aurait ainsi débuté avec le creux de 5.628,42 points du 29 septembre 2022. Comme la théorie l’indique, chaque vague d’impulsion peut être décomposée elle-même en une séquence de sous-vagues 1 à 5 puis a, b, c.
Plus généralement, toutes les vagues sont de type « fractales » dont la propriété principale est de reproduire le même schéma de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Ainsi, le graphique ci-dessus reprend les deux dernières vagues du cycle majeur, la Vague IV de grande correction de janvier 2022 à octobre 2022 puis la dernière vague V qui semblerait se terminer peu ou prou autour des niveaux actuels. Cette dernière est décomposée selon la théorie comme indiqué sur le graphique. Dans ces conditions, le marché pourrait avoir culminé pour longtemps avec la pointe de la sous-vague 5 avec le pic du 24 avril 2023 formé autour de 7.590 points. La suite devrait être, toujours selon cette théorie, l’entrée dans un cycle baissier majeur qui corrigerait l’ensemble de la hausse réalisée à partir du grand creux « Covid » de 3.636 points, soit environ 3.954 points de hausse représentant près de 110 % de la hausse totale. Les objectifs des vagues de correction sont calculés en appliquant des ratios de « Fibonacci » aux vagues d’impulsion qui les précèdent directement. La prochaine vague de degré majeur serait par conséquent une vague corrective majeure « A » dont les objectifs possibles pourraient être calculés à l’aide des ratios de Fibonacci possibles qui sont 23,6 %, 38,2 %, 50 % et 61,8 % et qui corrigeraient à l’échelle du long terme une partie de cette hausse.
Cela donnerait respectivement un point bas futur possible pour la vague « A » du cycle majeur approximativement vers 6.650 points, 6.080 points, 5.600 points et enfin dans le pire des cas autour de 5.150 points. De son côté, l’analyse technique habituelle montre qu’actuellement, les MM50 et MM100 se rapprochent et leur prochain croisement qui déclencherait un signal d’entrée dans un marché baissier à moyen terme. On notera que ces deux MM se sont déjà croisés sur l’indice Dax 40 (voir par ailleurs l’analyse spécifique pour ce marché). Cela ne devrait donc par tarder à se produire pour l’indice parisien, compte tenu de la forte corrélation des deux indices européens majeurs. Par ailleurs, la cassure actuelle du support de 7.200 points sur le Cac 40 déclenche un signal de poursuite de la baisse en direction de la zone de soutien symbolique majeure de 7.000 points en vue d’un test sur sa solidité.