Stellantis : une montagne de cash, une valorisation misérable.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 8 septembre 2023 (numéro 1.202) : “ Carrefour face au rouleau compresseur de Leclerc. ”. Bonne lecture !!!

Dans les comptes au 30 juin 2023, on a pu voir que Stellantis restait une entreprise au top de la profitabilité, sur tous les continents. Mais le plus important, c’est que c’est une entreprise qui, malgré de très lourds investissements notamment en direction de l’électrification de ses gammes, a été en capacité de rester une énorme machine à cash, une véritable imprimerie de Chamalières, où l’on utilise non pas du papier fiduciaire mais des plaques d’acier nécessaires à la fabrication des voitures pour les transformer en billets de banque. Quel est le secret ? Tout d’abord, Stellantis a noué beaucoup de partenariats, pour construire ses usines de batteries notamment, ce qui allège les dépenses en propre. Ensuite, Stellantis utilise désormais la dimension qui est la sienne pour développer des plates-formes à très large diffusion.


Des synergies plus fortes qu’annoncé.


Pour l’instant, ce sont essentiellement les plates-formes d’origine PSA qui sont utilisées par les marques d’origine FCA avec l’arrivée des Jeep Avenger ou de la Fiat 600, développées sur la même plate-forme que les Peugeot 208, 2008, les Opel Mokka et Corsa, les Citroën C4 et la future C3, sans oublier bien sûr les DS 3. Il faut savoir qu’à l’origine il y avait trois plates-formes différentes pour les petites voitures (PF1, CMP, Fiat), désormais, l’élargissement des gammes de Lancia, Fiat, Dodge et encore Jeep va se faire sur les bases communes. Très récemment, Stellantis a présenté la plate-forme STLA Medium (issue de EMP 2), qui est la première des quatre plates-formes électriques mondiales. Bien évidemment, il ne s’agit que d’une démonstration théorique, mais l’offre est alléchante avec une autonomie annoncée à 700km, une grande efficacité énergétique, une puissance intégrée et une capacité de recharge parmi les meilleures de sa catégorie. Cela devrait permettre de concurrencer directement les véhicules de Tesla, et les premiers modèles seront notamment la 3008 Opus III qui va être présentée à la fin de l’année 2023. Stellantis bénéficie également de la prime au dernier arrivé, ou presque.


STLA Medium : prometteuse.

En effet, là où d’autres constructeurs se sont englués dans l’électrification alors que le marché n’existait pas, un peu à l’instar de Renault et Nissan, Stellantis arrive en ayant des possibilités de choix technologiques meilleures, notamment dans le domaine des batteries. Cela permettra d’arriver à terme à plus de 800km d’autonomie, une consommation qui serait inférieure à 12 kilowattheures par 100km parcourus, une accélération de zéro à 100km/h en deux secondes, un temps de recharge ultrarapide de 32km/minute avec une très bonne densité énergétique pour les batteries. Cela n’était pas possible il y a dix ans lors de la conception de la Zoé, ou de la Nissan Leaf. Dans le domaine des voitures électriques, le groupe prévoit d’utiliser deux chimies de batteries dont une version sans nickel ni cobalt qui offrira un coût plus faible et stable tout en permettant d’optimiser la densité de la batterie et une version à densité énergétique élevée à base de nickel. A compter de 2026, ces deux chimies de batteries vont partager la même architecture qui pourra évoluer en fonction des besoins des clients et des améliorations obtenues dans les domaines de la densité énergétique ou de la vitesse de recharge. Le groupe vise également des batteries à l’état solide à partir de 2026, il est d’ailleurs sur le même horizon de temps que le groupe Toyota, qui s’était lancé essentiellement dans les hybrides et qui arrivent tardivement dans les voitures électriques.

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