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La tokenisation, un marché à 24 trillions de dollars.
AVIS D’EXPERT
✍️ Par Hassan El Bakkali directeur associeÌ Ceres, Groupe Rainbow Partners
La tokenisation consiste à transformer des actifs physiques ou digitaux en jetons numériques (digital tokens) qui seront hébergés sur un registre de données distribuées, ou encore dans la blockchain. Un token est un actif numérique, le plus souvent transférable, dans un réseau pair-à-pair et sans passer par un tiers de confiance. La tokenisation permet la représentation numérique d’actifs très divers : immobiliers, œuvres d’art, actifs financiers, brevets, actions, obligations, titres… En théorie, n’importe quel actif fongible ou non fongible, peut-être tokenisé avec un intérêt majeur qui consiste à rendre liquide un actif qui ne l’est pas, ou difficilement, tout en se passant d’un tiers de confiance traditionnel.
Tokeniser un actif est donc un processus qui permet de rendre accessible (ce qu’on appelle aussi le fractionnement), transférable, et donc liquide des actifs qui ne le sont pas ou peu à la base. En tokenisant, on peut rendre « tradable » des actifs tangibles et réels qui le sont peu par nature. Cette opération, une fois réalisée, facilite l’accès à cette ressource, en élargissant la base d’investisseurs, puisqu’elle permet de réduire le coût d’accès, tout en assurant la sécurité et la transparence de cet actif numérique désormais déployée sur un registre de données distribuées, et ce, à un coût très faible. Enfin, qui dit token, dit transférabilité grâce à la standardisation des échanges sur la blockchain, mais également, le cas échéant, la possibilité de coupler ce token avec un contrat intelligent qui permettra de lui adjoindre des caractéristiques propres.
Concrètement, on peut tokéniser un immeuble, afin de le vendre et de permettre aux acquéreurs investisseurs de détenir cet immeuble et/ou une part d’un revenu locatif. Également, une œuvre d’art, cela a d’ailleurs été fait, afin de permet la copropriété et l’accès à moindre coût à des investisseurs désireux de diversifier leur portefeuille. Quand on pense tokenisation, on pense bien sûr NFT, et tout spécialement les NFT d’utilité qui permettent de développer des certificats digitaux uniques, pouvant servir de titre de propriété. Cela est très utile pour développer une identité digitale décentralisée, ou encore des tickets ou abonnements infalsifiables. Enfin, dans l’exemple type du token cryptographique, on retrouve les cryptomonnaies qui, lorsqu’elles ne servent pas de valeur refuge.
Le marché de la tokenisation dans le secteur financier est évalué à $24 trillions à horizon 2027, alors qu’il était de $2 trillions en 2021 ! Dans ce contexte, la tokenisation d’actifs permet d’améliorer la transparence, la traçabilité, et la valorisation. Pour les sociétés financières, ce procédé permet l’optimisation de la gestion du capital engagé dans les activités de trading, de garde ou autres services financiers. Enfin, il est nécessaire de rappeler que les banques et le secteur financier souffrent bien souvent d’un manque de confiance des consommateurs, surtout lors de crises majeures comme celles des subprimes en 2008, ou celles plus récentes du bank run autour des banques régionales américaines. De ce fait, le recours à un registre de données distribuées, auditable et accessible à tous révèle un potentiel clairement reconnu d’amélioration de la transparence, avec un meilleur suivi des transactions et des droits de propriété. Cet argument est loin d’être négligeable et des acteurs français ont commencé à développer des applications afin de tirer profit de ces caractéristiques uniques.