Comment réconcilier les Français ?

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Vigier, député MoDem d’Eure-et-Loir : « Les gens ne trouvent plus leur chemin dans un projet collectif. »

Philippe Vigier, député MoDem d’Eure-et-Loir, élu depuis 2007, est un fin connaisseur de la vie politique française. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il évoque la question sensible de la fracture française et la nécessité de renouer avec un projet collectif.


L’Hebdo-Bourseplus : Les Français sont de plus en plus inquiets du regain de violence qui affecte notre pays, à l’échelon public, mais également au sein des entreprises. Comment analysez-vous cette situation ?

Philippe Vigier : Déjà, il faut tout faire pour endiguer cela. Il faut traiter la violence à la racine. C’est la prévention, évidemment, mais c’est aussi la sanction. On ne peut pas laisser des violences impunies, la dégradation des bâtiments publics, sans avoir des condamnations exemplaires. Après, il y a la responsabilisation des parents. Il peut y avoir des réponses financières à travers des amendes, puisque je rappelle que la loi permet cela. Pour les parents d’enfants qui ont fait des bêtises, c’est 30 000 €, avec une peine de deux ans. Les peines de prison ne doivent pas être suspensives. Sinon, cela n’a aucune incidence car il n’y a aucune correction par rapport à la faute commise. Les Français ne supportent plus que l’on dégrade les biens urbains. Dégrader une mairie, une école ou une crèche, c’est s’attaquer à des symboles de la République. En plus, c’est contre-productif, puisqu’ils détruisent eux-mêmes des lieux qui sont des symboles de l’égalité des chances. Il y a une perte des réalités et un effet d’entraînement. On doit faire comprendre que nous sommes dans un État de droit et que dans un État de droit, aucune place n'existe pour le chaos. Maintenant, on voit les députés Insoumis dans des manifestations interdites où l’on crie « Mort aux flics » ou « La police tue » ! Ces mêmes députés applaudissent, mais quand on est député, on ne peut pas faire n’importe quoi.


Vous avez commencé la politique dans les années 90 et vous avez connu une classe politique qui était tout autre que celle que nous avons aujourd’hui. Comment analysez-vous cette dégradation ?

Il n’y a pas qu’un problème de niveau. L’idéologie est revenue. Les députés Insoumis sont là pour le chaos. Jean-Luc Mélenchon explique qu’il veut réformer la police de la cave au plafond, ce qui ne veut rien dire. Mais c’est une formule. La police tue, c’est une formule, on y va… La République, c’est moi, c’est aussi une formule… En face, le Rassemblement national parle d’immigration zéro. Mais s’il n’y a plus d’immigration, il n’y aura plus de médecins pour nous soigner dans les hôpitaux et il n’y aura plus d’ouvriers sur certains chantiers. Il faut trouver le chemin médian et c’est celui que nous essayons de porter. Malheureusement, les médias ne s’intéressent qu’à ce qui fait de l’audience. Il est tellement facile d’aller dans une manifestation interdite avec son écharpe tricolore ! Si vous dites quelque chose de plus conformiste, vous êtes tranquille, personne ne vous écoute et vous n’êtes pas vu. Aujourd’hui, les chaînes d’information sont dans une course à l’audience.

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