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Un maire crée un parti politique pour sensibiliser à la cause du handicap.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Georgio Loiseau, maire de Poses (Eure) : « Mon objectif est de rendre visibles les invisibles. »
Après une grève de la faim qui n’est pas passée inaperçue, le maire de Poses, Georgio Loiseau, lance un mouvement politique dédié au handicap et aux personnes vulnérables. En effet, faute de pouvoir obtenir une place dans un établissement spécialisé pour son fils autiste, il avait entrepris une grève de la faim il y a quelques semaines pour dénoncer le manque de moyens investis dans la prise en charge du handicap, en particulier chez les mineurs.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à mener une grève de la faim pour protester contre le manque de moyens dans la prise en charge du handicap ? Quelle est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ?
Georgio Loiseau : C’est exactement cela. La goutte d’eau, c’est la situation de mon fils. J’avais créé une école élémentaire pour mon fils, qui est devenue une unité d’enseignement élémentaire pour les autistes. Mon fils a dû sortir de ce dispositif à l’âge de 12 ans et j’ai demandé une orientation en institut médico éducatif. Tous les établissements m’ont répondu qu’il n’y avait pas de place. Dans ce contexte, je me suis retrouvé le bec dans l’eau et mon fils était sans solution à la rentrée en septembre dernier. C’est l’élément qui a mis le feu aux poudres. J’ai écrit à l’ensemble des parlementaires de l’Eure et de la Seine-Maritime, en alertant sur cette situation de manque de place, et je n’ai eu qu’un seul retour. J’ai été déçu. Je fais partie de nombreux groupes de travail, à l’échelon local ou national. J’ai alerté les pouvoirs publics et je n’ai pas eu d’école. Comme personne ne voulait nous entendre, j’ai voulu taper fort en faisant cette grève de la faim.
On dit que les autistes représentent 1 % de la population. On en voit qui arrivent à s’intégrer et l'on est donc porté à croire que l’effort financier ne serait pas très important de la part de l’État…
C’est juste, mais pas complètement. Dans le champ de l’autisme, on parle souvent de ce que l’on voit, avec ceux qui ont une place dans la cité, moyennant quelques aménagements. Cependant, 80 % des autistes ont une déficience intellectuelle, avec des troubles du comportement et des vrais problèmes cognitifs. Vous évoquez le chiffre de 1 %, mais en réalité c’est 2 %. Cela vient d’être connu officiellement. 80 % des autistes ont une déficience intellectuelle et c’est un vrai sujet. Au départ, je voulais dénoncer la situation de l’autisme en France. Mais mon combat s’est très rapidement transformé pour défendre la situation de toutes les personnes en situation de handicap. L’État français a été condamné à de multiples reprises par l’ONU, y compris par le Conseil de l’Europe. Donc, il y a des choses à faire. Il va falloir quantifier tout ce que cela représente, notamment sur l’accès à l’emploi et au logement, pour sortir de la politique de saupoudrage. On ne s’est jamais demandé ce que serait une politique ambitieuse sur plusieurs années.
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