Entretien avec le co-président du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) à l’Assemblée nationale.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Christophe Naegelen, député LIOT des Vosges : « Faire une vraie différence entre celui qui travaille et celui qui ne travaille pas. »

Christophe Naegelen ouvre le débat à l’Assemblée sur la question des gens du voyage, qui concerne de nombreuses communes rurales en France : « Malgré la mise en place d’aires d’accueil financées par les collectivités, et donc payées par les impôts de nos concitoyens, des installations illégales et brutales ont toujours lieu chez des particuliers ou sur des terrains communaux. » Il dresse un parallèle avec les tracasseries rencontrées par les citoyens au quotidien : « Comment expliquer à nos associations que nous leur refusons l’organisation d’une manifestation parce qu’elles ont oublié de remplir un simple papier, alors même que nous laissons 200 caravanes s’installer sur du foin sec, dans une période où les incendies menacent ? Comment expliquer à nos concitoyens qu’il faut respecter notre environnement alors que nous laissons un terrain entier et la forêt voisine souillés par les déchets dans une zone classée Natura 2000 et un périmètre de protection des captages d’eau ? Comment expliquer à nos collectivités que nous les soutenons dans cette assemblée, alors que nous laissons les maires, en l’occurrence celui du Syndicat, Pascal Claude, impuissants face à cet envahissement ? Pour finir, comment expliquer à tous nos concitoyens qu’il faut respecter la loi pour le bien commun alors que nous laissons agir impunément ceux qui ne la respectent pas ? »


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi ouvrir à nouveau le dossier des gens du voyage ?

Christophe Naegelen : C’est un problème qui revient chaque année. Il y a eu des aires spécifiques qui ont été créées, mais elles ne semblent pas convenir aux gens du voyage, pour des raisons multiples : parfois parce que c’est du macadam, alors qu’ils préfèrent s’installer sur de l’herbe. Donc, ils préfèrent aller sur des terrains privés, en faisant fi du droit de propriété, plutôt que d’être sur des espaces aménagés à cet effet. Leur mode de vie est une chose, on peut respecter cela, mais c’est quand même à eux de s’adapter, plutôt qu’à la société. Ils ont des déplacements en été, donc c’est peut-être à cette communauté d’acheter des terrains et de créer ses propres espaces d’accueil. Je ne vois pas pourquoi il incomberait à la collectivité de prendre à sa charge le coût de ces occupations de terrain. Si quelqu’un veut avoir une vie spécifique, c’est respectable, mais c’est quand même à lui de l’assumer, sans demander à la collectivité d’assumer son mode de vie.


On sait que la police et la gendarmerie hésitent à se rendre dans les camps de gens du voyage…

C’est aussi une vraie question. Nous sommes dans un état de droit et il est inacceptable d’avoir des zones de non-droit. Normalement, ce sont ceux qui ne respectent pas la loi qui devraient avoir peur de la police, mais pas l’inverse.

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