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Orange : les travaux d'Hercule de Madame Christel Heydemann
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 22 juillet 2023 (numéro 1.197) : “ Transport aérien : Ryanair et easyJet contre les compagnies classiques. ”. Bonne lecture !!!
Orange, issu de l’ancien monopole France Telecom, reste le premier opérateur de télécommunications en France. Face à la concurrence, il s’est développé à l’étranger, et compte pas loin de 250 millions de clients dans le monde pour ce qui concerne les prestations de téléphonie mobile. Il y a bien longtemps, la moitié de la France cherchait à avoir le téléphone, l’autre moitié attendait la tonalité. Cette blague historique, très réelle, n’a plus rien à voir avec la situation actuelle puisque, pour la plupart des gens, comme l’air que l’on respire, les prestations de services de télécommunications ne sont pas valorisées à leur juste valeur, surtout vu les emplois actuels.
Une forte dépendance au marché français.
La France représente toujours à peu près la moitié du CA d’Orange, l’Espagne 13 %, le reste de l’Europe un peu moins de 18 %, l’Afrique et le Moyen-Orient un peu moins de 20 %. Orange a eu des mésaventures à l’étranger, notamment en Allemagne au début des années 2000, une période où le groupe, toujours majoritairement détenu par l’Etat, avait fait vraiment n’importe quoi, se portant caution pour l’achat d’une licence 3G d’un opérateur virtuel ce qui a engouffré des milliards et des milliards d’euros. De ce fait, Orange a été dans l’obligation de vendre pas cher des actifs qui auraient pu se révéler comme ultra-rentables et ultra-stratégiques notamment en Italie et au Mexique. Outre les services de télécommunications à destination des particuliers, Orange a une forte activité en ce qui concerne les prestations de services de télécommunications aux entreprises comme l’accès à Internet, la gestion de parcs de téléphonie mobile, la transmission de voix et de données, l’intégration et l’infogérance d’applications de communications. La très forte concurrence qui existe sur son marché domestique (quatre opérateurs depuis l’arrivée de Free Mobile) a mis fin à une période relativement faste où les tarifs se situaient en moyenne aux alentours de 40-50 euros par mois sur le marché français.
La concurrence a gâté les consommateurs.
La concurrence s’est faite au bénéfice des consommateurs, qui ont toujours eu davantage notamment en ce qui concerne la voix et les transmissions de données, pour un prix qui est resté stable voire qui a baissé. Orange a été dans l’obligation de baisser sa culotte en ce qui concerne les tarifs notamment en lançant une offre Sosh, à prix bradés, qui n’incluait pas, la plupart du temps, la vente d’appareils sophistiqués. Pendant une très longue période, avec de surcroît une concurrence folle sur le marché espagnol, il y a eu stagnation voire baisse du prix moyen consenti pour le paiement par le client, avec une augmentation du taux d’infidélité de la clientèle. In fine, cela a abouti à un CA stable puisque Orange faisait 42,238 milliards d’euros d’activité en 2019 puis 42,27 milliards en 2020, 42,522 milliards en 2021 et 43,471 milliards en 2022. Avec un nombre de clients en augmentation, il n’y a pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour s’apercevoir que l’activité par client était en recul.