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Le marché locatif est sur le point de se bloquer.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Yann Jéhanno, président de Laforêt Immobilier : « Je souhaite sincèrement bon courage aux étudiants qui vont devoir chercher un logement dans les mois qui viennent ! »
Les résultats, collectés par l’ensemble du réseau Laforêt au premier semestre 2023, montrent un marché immobilier nuancé, qui se révèle résilient malgré les nombreuses contraintes externes : inflation, flambée ininterrompue des taux d’intérêt, rénovation énergétique des logements… Ainsi, « la résistance au changement reste forte, tant du côté des vendeurs que des acheteurs, qui refusent encore de faire des compromis malgré un net recul de leur pouvoir d’achat immobilier. Dans cet état de statu quo, personne ne semble prêt à faire de réelles concessions. Pendant ce temps, les taux directeurs poursuivent leur envol pour lutter contre l’inflation et rendent le crédit immobilier de plus en plus cher (3,28 %), entravant le marché et empêchant les projets de se réaliser. Si l’on observe une correction des prix en un an, celle-ci reste contenue, autour de 2 % au national, même s’ils continuent de progresser en régions. L’offre de logements, qui reste insuffisante, amortit néanmoins le recul des prix. » Autre enseignement de l’étude : « Au bord de la saturation, le marché locatif semble, quant à lui, sur le point de se bloquer. Dans ce domaine, la demande a augmenté de 20 % tandis que, dans le même temps, l’offre s’est contractée d’autant. »
L’Hebdo-Bourseplus : Vous semblez plus optimiste que vos confrères sur la situation du marché immobilier, en indiquant qu’il plie mais ne rompt pas… Est-ce en raison de la demande qui reste très forte ?
Yann Jéhanno : Le marché immobilier plie en raison du recul de 14 % du volume des transactions, entre le premier semestre 2022 et le premier semestre 2023. Cela démontre un retrait qui est quand même marqué. Le marché immobilier ne rompt pas, car nous sommes sur un volume de transactions similaire à ce que nous pouvions observer lors d’une année classique, comme 2018, car 2020 a été une année très particulière en raison de la pandémie. Ensuite, les années 2021 et 2022 ont vraiment été hors normes. Vous évoquez la demande qui reste très forte. À l’inverse, je pourrais dire que l’offre est tellement basse, avec une activité en panne dans le domaine de la construction, que cela nous ramène à une économie de marché qui évolue en fonction de l’offre et de la demande. Or, l’offre est insuffisante pour faire fléchir franchement les prix. On peut quand même évoquer la situation des taux d’intérêt qui sont à des niveaux relativement bas, 3,28 %, cela reste encore compétitif, et c’est pour cette raison que beaucoup de Français essayent encore de s’engouffrer dans ce parcours résidentiel.
Le marché de la location est essentiel puisque, si vous ne pouvez pas acheter, vous pouvez vous replier vers la location. Cela peut concerner des jeunes ou des personnes âgées qui ont des situations difficiles…
Le marché de la location est très différent par rapport à celui de l’acquisition et de la vente, car il n’est pas tendu, il est carrément bloqué. On est arrivé au stade ultime, avec un double phénomène : une offre en recul de 20 % et une demande en hausse, parce que des candidats à l’achat se sont résignés en raison des refus de prêt, mais aussi en raison de la demande de personnes qui subissent différents événements dans leur vie. Il est plus facile de louer, car vous signez un bail et vous pouvez emménager immédiatement. Cela répond à certains moments de la vie, comme un couple qui se déchire, ou la nécessité de se rapprocher de ses enfants ou d’un centre-ville. Nous avons beaucoup de demandes, avec une hausse de 20 %, mais une offre qui recule aussi de 20 %. En plus, ceux qui sont dans le parc locatif et qui ne peuvent plus acheter, continuent d’occuper ce parc. On observe que la durée d’occupation augmente de façon très importante.