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Le RN entend ouvrir le débat sur la crise du logement.
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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Frédéric Falcon, député RN du Gard : « Ces gens ne veulent pas que le Français moyen puisse acquérir une maison. »
Frédéric Falcon, député RN du Gard, connaît bien le dossier sensible du logement. Il a récemment interpellé le gouvernement sur « la crise du logement sans précédent, qui touche avant tout les Français les plus modestes. Dans les zones tendues, l’offre de logements locatifs notamment est insuffisante pour répondre à la demande ». Le parlementaire souligne : « La véritable cause en est la multiplication des normes que vous imposez. La complexe réglementation environnementale 2020 (RE 2020) ou encore l’application sans discernement de l’objectif zéro artificialisation nette qui raréfie la disponibilité du foncier ont entraîné un effondrement de la construction des logements neufs : 370 000 livraisons sont attendues en 2023 et 275 000 seulement en 2024, alors que nous devrions construire 500 000 logements par an. »
Ainsi, a-t-il poursuivi, « vous organisez à grands coups de normes énergétiques, fondées sur des DPE aux critères discutables, l’effondrement de l’offre locative et la dépossession des petits propriétaires qui voient la valeur de leur bien dépréciée. Mais n’est-ce pas là l’objectif inavoué d’Emmanuel Macron, lui qui ne jure que par la finance ou la bourse et n’a de cesse d’attaquer la propriété immobilière enracinée et soutenue par une économie réelle, donc non délocalisable ? » Frédéric Falcon répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Tous les professionnels de l’immobilier, y compris leurs syndicats, signalent qu’ils n’ont jamais connu une telle situation en matière de logement. Quelle est votre analyse ?
Frédéric Falcon : Effectivement, la conjoncture est difficile, entre la remontée des taux et l’inflation sur les matières premières. Mais il y a aussi le gouvernement, qui n’a pas mis le paquet sur la politique du logement, surtout depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron puisque 15 milliards sur la politique du logement ont été rabotés depuis 2017. L’absence de politique ambitieuse fait que l’on en arrive à cette situation, notamment avec une accumulation de normes énergétiques et environnementales qui sont intenables. Le ZAN (Zéro artificialisation nette) supprime aussi de nombreux programmes. On peut légiférer là-dessus pour lutter contre les mitages urbains, mais l’application du ZAN sans discernement sur tout le territoire crée pas mal de difficultés. N'oubliez pas qu’un certain nombre de programmes ont été supprimés ou diminués, notamment le Pinel, et le gouvernement évoque aujourd’hui la possibilité de le supprimer. J’ai le sentiment qu’Emmanuel Macron est en guerre contre l’immobilier. Il voudrait orienter les investissements sur les valeurs mobilières, mais le pendant de tout cela, c’est que cela crée une crise du logement. À force de taper sur l’immobilier, de couper dans les dépenses affectées à l’immobilier, notamment dans le logement social aussi, cela crée une crise du logement comme on n’en a pas connue depuis le début des années 90.
N’y a-t-il pas une volonté d’étatiser le logement en faisant fuir les petits propriétaires afin de les remplacer par des institutionnels ?
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