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L’intelligence artificielle au service des aidants d’Alzheimer.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Lydie Catalano, fondatrice d’IA Medical : « Si les gens deviennent acteurs de leur parcours de soins, nous aurons des résultats plus efficaces en amont. »
La maladie d’Alzheimer touche un million de Français et deux millions d’aidants au bas mot. Le vieillissement de la population laisse craindre une augmentation de ces chiffres : « Il est prévu qu’un actif sur quatre sera proche aidant en 2030 », indique Lydie Catalano, 40 ans, cofondatrice de la start-up IA Medical, qui vient de sortir une version beta de son chatbot Alix. Lydie Catalano a mis au point ce chatbot, qui s’appuie sur une base de données de 15 000 références, afin de proposer des jeux cognitifs et des services pratiques d’orientation. Ceux-ci s’enrichissent et évoluent en permanence pour éviter les répétitions. L’entreprise vient de boucler une levée de fonds de 1,4 million d’euros afin d’envisager une version commerciale. Le fonds d’investissement Klesia, qui dépend d’Agircc-Arco, gestionnaire du régime de retraites des salariés du privé, et Bpifrance, ont apporté des financements pour 650 000 euros. Le reste correspond à une ouverture du capital à des associés particuliers, dont des médecins. Grâce à cet apport financier, IA Medical, qui emploie quatre collaborateurs, souhaite renforcer ses équipes pour la commercialisation du chatbot et enrichir les contenus. La start-up veut aussi organiser des événements impliquant des malades, des aidants, des professionnels de santé et des travailleurs sociaux.
L’Hebdo-Bourseplus : L’intelligence artificielle permet-elle de gagner plusieurs années dans la compréhension des maladies ?
Lydie Catalano : Nous faisons de la prévention. Nous ne sommes pas dans le domaine médical, mais nous constatons que l’intelligence artificielle a besoin de beaucoup de données et c’est donc une barrière pour le secteur médical. Lors de la crise sanitaire, les choses sont allées très vite, parce que l’échantillon de personnes touchées par la Covid a été tout de suite très important. Nous sommes passionnés par cette question de la prévention médicale et nous sommes convaincus que si les gens deviennent acteurs de leur parcours de soins, nous aurons des résultats plus efficaces en amont. Il est important de connaître ses symptômes, donc de savoir de quoi l'on parle, notamment pour mieux prendre ses médicaments. Il est aussi essentiel d’avoir les bons interlocuteurs dans le médico-social. Dans le cas des maladies chroniques, ou des maladies neurodégénératives, comme Alzheimer, la famille fait partie intégrante du processus de soins, parce qu’elle va devoir organiser énormément de choses.
Pourquoi cet axe sur la prévention d’Alzheimer ?
Notre levée de fonds porte sur un chatbot de prévention dans le cas d’Alzheimer. Nous nous sommes aperçus qu’il y avait des séquences répétitives et il est essentiel de fournir la bonne information à la bonne personne. Le premier point, c’est la demande d’aide financière. On a tendance à penser qu’Alzheimer est une maladie qui touche essentiellement les personnes âgées. Pourtant, les personnes de moins de 60 ans qui sont concernées doivent demander des aides assez différentes dans un ordre extrêmement précis. La première chose que nous avons faite a été d’aider les gens à trouver la bonne aide, le bon interlocuteur, et à retirer le bon dossier quand il est digitalisé. Il faut aussi savoir que 30 % des aidants décèdent avant leurs aidés. Il y a une échelle qui est connue aujourd’hui et nous avons voulu développer notre propre échelle de « capabilité », en puisant dans les sciences sociales, afin d’essayer de séparer les points, tout cela pour déterminer les charges les plus importantes pour les aidants. Pour certaines personnes, c’est l’administratif, pour d’autres c’est l’isolement et, quand il y a une charge trop lourde, on peut faire connaître des dispositifs qui ne sont pas toujours connus des aidants comme le droit au répit, ainsi que toutes les autres aides auxquelles nous pouvons avoir droit.