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Impôts : vous n'avez encore rien vu ! La matraque de Bercy va encore frapper
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 juin 2023 (numéro 1.192) : “ Assurance vie : le danger de la spoliation ”. Bonne lecture !!!
Dans les entreprises qui offrent un gros rendement, comme déjà dit la semaine dernière, nous regardons avec attention celles qui sont en mesure de conserver voire d’augmenter leur coupon dans les deux prochaines années. On regarde donc tous secteurs confondus, avec un potentiel de revenus récurrents, des entreprises disposant d’une faible exposition aux conséquences du retour de l’inflation notamment pour ce qui concerne les taux d’intérêt qui peuvent augmenter potentiellement les dépenses en frais financiers lors du refinancement d’une dette trop importante.
Vicat : un coupon cimenté.
C’est une liste qui fait saliver Bercy. Ils appellent ça des « niches fiscales ». Accrochée au-dessus du bureau de la plupart des fonctionnaires en charge de l’imaginative machine à cases qui s’appellent le système fiscal français, il y a la liste des « niches fiscales » qui « coûtent » le plus cher à l’Etat, sous forme d’un soi-disant manque à gagner dans l’extorsion fiscale. A tout seigneur tout honneur, chez ces escrologistes gauchistes invertébrés, on place le crédit d’impôt au titre de l’emploi d’un salarié à domicile. Il est prévu que cela représente 7,9 milliards d’euros en 2023 contre 4,7 milliards en 2021. En effet, ce qui est souvent perçu comme une aide à avoir une « boniche » à la maison, est surtout utilisé par les foyers pour garder des enfants ou des personnes âgées. Un enfant gardé à domicile, c’est moins de dépenses publiques, on a tendance très vite à l’oublier.
Pour ce qui concerne les personnes âgées, il en est de même, si l’on a une personne qui vient faire quelques heures de ménage, qui prépare les repas, fait la toilette ou d’autres prestations, ce sera une personne de plus qui restera chez elle, une personne de moins qui sera obligée d’aller en EHPAD ou dans des maisons spécialisées. Dans une entreprise, lorsque l’on a besoin d’un employé pour créer de la valeur ajoutée, le salaire et les charges de l’employé sont déductibles de la masse imposable, il devrait en être très logiquement de même pour le système fiscal des foyers, mais à Bercy, ce sont des gens bizarres, ils considèrent qu’il n’y a que leur travail qui mérite salaire, visiblement. Il y a environ 4,5 millions de ménages concernés par le crédit d’impôt au titre de l’emploi d’un salarié à domicile, il ne s’agit pas juste des pseudo-châtelains, et des grands patrons du CAC 40. Pour cette dernière catégorie, avoir un chauffeur, un jardinier, voire un majordome qui prépare les réceptions… sont de vraies contributions à la productivité, mais cela, on l’oubliera ! Il y a quelque chose d’enfantin dans l’esprit de nos amis de Bercy, ils ont l’impression que l’argent est magique, et que pour le gagner, un chef d’entreprise, un cadre supérieur ou un couple dont les deux membres travaillent n’ont besoin de personne et que leur argent sort juste d’un claquement de doigts. Dans leurs rêves, nos révolutionnaires en herbe voudraient supprimer, comme l’exige Mélenchon, ce qu’ils considèrent comme une sorte d’avantage fiscal.
Supprimer l’abattement sur les pensions et retraites ?