Valeurs de rendement : suite et fin de notre sélection.  

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 juin 2023 (numéro 1.191) : “ Impôts : déjouer les pièges ”. Bonne lecture !!!

Dans les entreprises qui offrent un gros rendement, comme déjà dit la semaine dernière, nous regardons avec attention celles qui sont en mesure de conserver voire d’augmenter leur coupon dans les deux prochaines années. On regarde donc tous secteurs confondus, avec un potentiel de revenus récurrents, des entreprises disposant d’une faible exposition aux conséquences du retour de l’inflation notamment pour ce qui concerne les taux d’intérêt qui peuvent augmenter potentiellement les dépenses en frais financiers lors du refinancement d’une dette trop importante.


Vicat : un coupon cimenté.

Dans les entreprises industrielles, on notera avec intérêt la société familiale Vicat, qui paie un coupon de 1,65 euro, et qui sera en mesure à minimum de le conserver au cours des années 2024 et 2025 au titre des exercices 2023 et 2024. Vicat pourrait même être tenté d’augmenter son dividende de 5 centimes par an. Il en est de même, dans le secteur des services, pour ce qui concerne Orange. Orange paie par deux fois son coupon, un acompte est distribué en fin d’année, le solde après l’approbation de la distribution par l’AG au mois de juin. Depuis plusieurs années, Orange avait fixé son dividende ordinaire à 0,70 euro par action. On peut considérer que désormais, surtout si l’affaire espagnole de fusion avec MasMovil se réalise, Orange aura la capacité de porter à 0,75 puis à 0,80 son coupon annuel. On ne reviendra pas au très gros dividende des années passées car la concurrence de Free Mobile est passée par là, ayant amoindri de façon significative les marges de tous les opérateurs sur le marché français, qui reste essentiel pour le groupe Orange, issu de France Telecom.


Colas ou Bouygues, votre cœur peut balancer.

Dans le BTP, si vous n’êtes pas effrayés par les marchés étroits, vous pouvez ramasser des titres Colas, la première entreprise mondiale de travaux routiers et ferroviaires est une filiale à plus de 90 % du groupe Bouygues et bien évidemment, dès qu’il y a un euro à récupérer, Bouygues le fait remonter de la filiale à la maison-mère. Il en sera de même dans les années à venir, Colas n’a pas besoin de garder trop d’argent dans ses propres caisses, la cotation n’est conservée que pour mémoire, que pour quelques pourcents de capital flottant, tout simplement parce que Bouygues ne veut pas s’exclure, en cas d’acquisition majeure, de payer partiellement sous forme d’émission de titres Colas. Un rendement minimum de 6,5 % semble assuré pour les trois prochaines années en ce qui concerne Colas, c’est un petit peu supérieur à celui apporté, sur la base des cours actuels, par l’action Bouygues qui paie un dividende de 1,80 (qui n’a pas vocation à être augmenté ni l’an prochain ni l’année d’après, tout simplement parce qu’il faut digérer la grosse acquisition d’Equans, et que le groupe Bouygues n’aura pas intérêt à augmenter sa distribution avant qu’Equans soit à minimum à un taux de marge opérationnelle récurrente de 5 % du CA.

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