Entretien avec le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Jean-François Husson, sénateur LR de Meurthe-et-Moselle : « Il faut réduire la dépense publique. »

L’agence de notation Fitch a baissé la note de notre pays, en évoquant notamment les fortes tensions sociales autour de la réforme des retraites. Ainsi, la note française diminue d’un cran, passant de « AA » à « AA – ». Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des Finances au Sénat, signale un nouveau problème : « Dans les chiffres du programme de stabilité, que nous allons envoyer à Bruxelles, les dépenses par rapport à la loi de programmation de décembre ont augmenté de 30 milliards d’euros. C’est une dérive supplémentaire. Oui nous sommes déterminés, mais nous sommes déterminés pour un temps de vérité et non pas pour du camouflage ». Il déplore que le ministre Bruno Le Maire ait « balayé d’un revers de main » des « pistes d’économies » proposées par les sénateurs LR en décembre dernier.


L’Hebdo-Bourseplus : Après la dégradation par Fitch de la note de la France, êtes-vous pessimiste sur le verdict des autres agences de notation au cours des prochains mois ?

Jean-François Husson : D’abord, je prends acte de la dégradation de la notation de notre pays. Cela s’inscrit dans la continuité d’une alerte lancée par cette même agence il y a quelques mois et cela correspond au ratio que présente notre pays sur ces grands agrégats économiques et financiers, notamment à travers une dette qui a tendance à s’envoler sans qu’il y ait en face un plan de réduction de la dépense publique. Pour l’instant, il n’y a aucune volonté politique affichée pour réduire la dette publique et cela posera bientôt un problème au niveau européen, car tout cela risquera d’affaiblir le rôle de la France au sein de l’Union européenne. On ne peut pas avoir une situation financière dégradée et, en même temps, prétendre être leader au sein de la construction européenne.


Devons-nous craindre de nous retrouver dans une situation identique à celle de la Grèce il y a quelques années ?

Je ne le souhaite pas ! Pour prévenir les risques, il faudrait que la France redresse la situation et inverse la tendance. L’excès de dépenses publiques se traduit par une dégradation des comptes publics. Ce n’est pas raisonnable et, surtout, ce n’est pas tenable. Le gouvernement devra faire preuve de volonté dans ce domaine. Il est annoncé une prochaine loi de programmation des finances publiques et ce sera un moment de vérité.

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