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Immobilier : la hausse des taux amène le démarrage d’un mouvement de recul sur le prix des transactions.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 26 mai 2023 (numéro 1.189) : “ Notre sélection de valeurs de rendement ”. Bonne lecture !!!
La seule chose qui compte, pour la classe politico-médiatique, c’est le prix de l’immobilier à Paris et en immédiate région parisienne, car c’est là qu’ils habitent. Pourtant, pour la plupart des habitants de la France profonde, le prix de l’immobilier n’a vraiment rien à voir avec ce qui se passe à Paris, ce qui compte, c’est le prix des matériaux pour réparer, améliorer, pour accroître le confort dans un habitat qui est souvent constitué de maisons individuelles pour 40 à 45 % des familles, en province ou dans les banlieues des grandes villes en dehors de Paris.
On vous dira que le prix du mètre carré parisien a baissé de 5 % sur un an, il s’agit des chiffres publiés par Meilleurs Agents, mais dans la réalité, il faut savoir que la baisse peut être beaucoup plus prononcée. J’ai eu l’occasion de faire un point assez complet sur les transactions réelles parisiennes avec un agent du 15e arrondissement, membre d’une organisation de plusieurs dizaines d’agents immobiliers de Paris, et son diagnostic est très clair : désormais, c’est l’acheteur qui fait la loi et il vaut mieux accepter une offre non conditionnée à un éventuel crédit immobilier 7, 8, 10 % moins cher que le prix initialement demandé que de prendre le risque d’une offre conditionnelle, avec risque d’un refus bancaire et de repartir pour une session de deux, trois ou quatre mois et se retrouver avec de toute façon une baisse finale qui sera comprise entre 7 et 10 % pour les biens moyens.
Impôts fonciers qui explosent.
Tous les appartements de Paris n’ont pas une vue sur la Tour Eiffel, tous ne bénéficient pas d’un magnifique ensoleillement et d’un état parfait. La plupart du temps, l’entretien des copropriétés a été plus ou moins régulier, plus ou moins aléatoire, et il y a des travaux de ravalement à effectuer, dans les courettes, en façade… sans oublier bien sûr les entretiens de cages d’escalier ou d’ascenseurs. Les frais fixes augmentent pour les propriétaires, et tout le monde a entendu parler de la hausse de 62 % des impôts fonciers pour la ville de Paris, ce qui ne sera pas une bonne surprise pour des propriétaires qui paient déjà l’IFI (Impôt sur la fortune immobilière) lorsqu’ils disposent de plusieurs biens dans la capitale. Mécaniquement, le marché immobilier est un marché et doit s’ajuster à la loi de l’offre et de la demande. Les habitants de province le savent très bien puisque, même dans le cadre de biens correctement entretenus disposant d’un jardin ou d’un petit parc, dans des endroits qui ne sont pas des centres de villes universitaires, le prix moyen du mètre carré des pavillons et petites maisons se situe en dessous ou légèrement au-dessus de 2.000 euros, rien à voir avec la stratosphère atteinte à Paris pour ce que l’on pourrait juger comme des taudis souvent partout ailleurs. Comme je vous l’avais déjà décrit il y a quelque temps de cela au moment de la parution de cette loi, l’interdiction de louer des bâtiments ou des logements qui n’ont pas une bonne qualité de conservation de l’Energie va avoir comme conséquence la revente par les propriétaires, dès lors qu’ils récupéreront le bien, et cette revente va peser sur le marché, avec des tarifs d’autant plus bas qu’il faudra faire des travaux afin de remettre le logement sur le marché de la location.
La facture des travaux à faire.