Le gouvernement ne sera pas crédible tant qu’il ne diminuera pas les dépenses publiques.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Benoît Perrin, directeur de Contribuables Associés : « Supprimer les dépenses publiques excessives et les gaspillages. »

Contribuables Associés est à la pointe de la défense des contribuables depuis des décennies. Benoît Perrin, directeur de Contribuables Associés, commente la dégradation de la note de la France. Il estime que le gouvernement n’a pas été très courageux dans la réforme des retraites. Il plaide pour une vraie politique de baisse de la dépense publique.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous alertez les Français depuis plusieurs décennies sur l’endettement de notre pays. La récente dégradation de la note de la France, dont on parle peu et qui est minimisée par le gouvernement, est-elle le premier signe de quelque chose de plus inquiétant ?

Benoît Perrin : Effectivement, la lutte contre la dette fait partie des combats historiques de notre association. Je rappelle que le dernier budget à l’équilibre a été voté en 1974. Depuis quasiment cinquante ans, la France vit au-dessus de ses moyens, exactement comme une famille surendettée qui, pour assurer son train de vie dispendieux, contracte des prêts à la consommation. À juste titre, nous venons d’être sanctionnés par l’agence de notation Fitch : de AA à AA-, ce qui est le dernier cran avant de voir notre dette souveraine classée dans la catégorie des « dettes de qualité moyenne supérieure », comme Israël ou Malte. Nous attendons avec inquiétude, sans nous faire d’illusions, la notation de la plus grande des agences, Standard & Poor’s. Cette agence devrait, elle aussi, dégrader notre note.


Sachant qu’Israël est pardonnable puisque c’est un pays en guerre…

Effectivement. Les conséquences sont importantes pour les Français et les entreprises françaises. Pour assurer le train de vie de l’État, le Trésor va devoir emprunter à des taux de plus en plus importants (4, 5, 6 ou 7 % à l’avenir ?), ce qui va mécaniquement alourdir le coût du remboursement de la dette. De nombreux experts tablent sur une facture de 70 milliards par an dans les prochaines années, uniquement pour rembourser les intérêts ! Pour information, le budget de la Justice est d’environ 10 milliards et celui de l’Éducation est d’environ 80 milliards. Les réformes de fond sont indispensables : il faut baisser le train de vie de l’Etat et rassurer les marchés financiers. L’autre conséquence, c’est l’augmentation des taux d’intérêt pour les entreprises et les particuliers (on le voit aujourd’hui par exemple dans l’immobilier). En effet, tous les crédits ont comme coût le taux d'intérêt souverain plus une prime de risque. Cette mécanique infernale va peser sur la croissance de notre pays.

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