Femmes, réveillez-vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme.
LITTÉRATURE
Iseul Turan, naturopathe spécialisée dans le cycle féminin, est cofondatrice et porte-parole du mouvement féminin Antigones. Iseul Turan a beaucoup fait parler d’elle lors de son action d’infiltration des Femen en 2013. Elle publie, avec Anne Trewby, cofondatrice et présidente des Antigones, un ouvrage intitulé « Femmes, réveillez-vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme ». Iseul Turan indique pourquoi elle veut en finir avec le féminisme : « Il faut comprendre que c’est une série de mythes auxquels on ne peut pas toucher dans notre société. Cependant, il faut saisir que ces mythes cachent d’autres réalités. Le féminisme a eu plusieurs courants, il est protéiforme et la plupart des féministes ne sont pas d’accord entre elles. Ce qui est important à retenir, c’est que l’on se sert des idées sur une prétendue libération féminine pour réduire les libertés de l’ensemble de nos concitoyens et, derrière ce mythe de la libération du féminin, on observe une perte de libertés au sein des familles. On évoque la mort du père de famille, puisque l’on a retiré la notion de bon père de famille, ainsi que le droit de paternité, c’est-à-dire la présomption de paternité au sein du mariage. Cela montre l’importance de cette attaque récurrente contre les familles ».
Le féminisme soutient que les femmes ont toujours été dominées par les hommes : « Toutes les périodes de l’histoire n’ont pas été roses. Toutes les époques ont leurs limites, mais ce n’est pas vraiment la question. En revanche, il y a deux grands mythes, notamment sur le travail des femmes, alors que les femmes ont toujours travaillé. Suite à l’avènement du féminisme, c’est le travail salarié qui s’est développé ». Mais n'est-ce pas grâce au combat des féministes que les femmes peuvent avoir le droit de vote, devenir avocates, ou même ouvrir librement un compte en banque ? Elle se montre plus nuancée : « On voit ce que l’on a gagné, mais on ne voit pas ce que l’on a perdu. Il y a le grand discours de Jules Ferry qui évoque la nécessité d’instruire les jeunes filles, mais il explique aussi dans son discours que, à travers cette éducation, il souhaite mettre la main sur 50 % de l’humanité puisqu’il souligne bien que, quand on éduque la femme, on tient la société. Donc, les femmes sont un enjeu de pouvoir. C’est valable depuis la nuit des temps et le féminin a été utilisé comme un effet de levier pour nous faire perdre certaines de nos libertés. Pour être concret, il y a des familles à qui l'on retire progressivement des libertés au nom du féminisme libérateur. On nous explique que l’on va faire un congé maternité égalitaire entre l’homme et la femme pour que les femmes puissent retourner plus rapidement sur le marché du travail. Mais il faut savoir qu’auparavant le congé pouvait être pris aussi bien par les femmes que par les hommes et la loi a tout simplement eu pour vocation de réduire le temps du congé maternité pour remettre les femmes au travail plus rapidement. On est donc dans une précarité constante entre l’homme et la femme. On se retrouve avec une classe d’âge de parents qui ne peuvent pas prendre ce congé, alors que la question de la maternité dans le salariat est une vraie question à laquelle notre société n’a pas répondu. On met les familles dans une position très délicate. On peut aussi penser à la question de l’utérus artificiel. Ce sont des positions qui sont tenues comme étant une position féminine, afin de libérer les femmes de leur utérus. En réalité, on nie la nature profonde du féminin. Notre corps est ainsi fait, les femmes sont des mères en puissance, comme les hommes sont des pères en puissance, et c’est cela qui crée la société de demain. Si l'on fait une guerre des sexes, on fragilise la cellule familiale et on détruit progressivement les citoyens et leurs libertés ».
Iseul Turan place le combat pour les libertés collectives à un rang plus élevé que celui en faveur du féminisme : « La femme n’est pas plus libre aujourd’hui. Notre gouvernement peut nous autoriser à aller et venir, nous sommes dans une restriction massive de la liberté d’expression, il faut demander l’autorisation à l’État pour avoir le droit d’éduquer ses enfants, je pense à l’instruction en famille qui est soumise à un régime d’autorisation, les femmes ont de moins en moins de possibilités pour accoucher à domicile… » Pourtant, les femmes ont pu conquérir certaines libertés comme le droit de vote… Iseul Turan va plus loin : « Oui, les femmes n’avaient pas le droit de vote avant, mais beaucoup d’hommes n’avaient pas le droit de vote non plus encore plus avant ! Je ne suis pas certaine que nos concitoyens aient vraiment l’impression de faire un acte politique en allant voter. Aujourd’hui, on ne demande plus aux gens d’une même ville s’ils sont d’accord pour faire un pont ici ou là, on nous offre ce magnifique droit de vote pour choisir entre Untel et Untel, alors qu’il n’y a pas une réelle différence. C’est la raison de l’abstentionnisme. L’ensemble de nos citoyens aimerait avoir davantage de choix et de droits réels. Je pense au référendum citoyen ou à la démocratie de proximité ».
Iseul Turan fait aussi un parallèle entre le féminisme et la montée de la société de la solitude : « On n’a jamais été aussi loin dans le féminisme et, en même temps, les hommes et les femmes se portent très mal. On peut le voir sur plusieurs aspects. Par exemple, il y a de plus en plus de célibataires tardifs, c’est une situation de souffrance. Beaucoup de femmes sont dans des situations de divorce et doivent élever seules leurs enfants. Il faut deux salaires pour vivre dans une famille, au détriment de la liberté du couple, et surtout au détriment de l’éducation des enfants. En France, le premier enfant est après 30 ans pour les femmes aujourd’hui. On se retrouve avec le développement de la procréation médicalement assistée, qui est un acte extrêmement violent et barbare, puisque l’on s’injecte des piqûres d’hormones. Il n’y a que 17 % de réussite dans ce protocole et cela représente pourtant 1 enfant sur 33 en France. » Face à cela, on assiste aussi à un contre-mouvement féministe avec des femmes qui recherchent des relations plus traditionnelles : « C’est un mouvement important. Il y a la question de la recherche d’un conjoint, une volonté de retour à la tradition, c’est très en vogue sur Instagram, il faut comprendre cette réaction profonde face à la destruction du couple fondateur de l’humanité. Il y a des rôles symboliques très importants qui structurent notre mode de pensée et l'on a abîmé tout cela. Aujourd’hui, il y a effectivement des hommes et des femmes qui recherchent des contre-modèles. Les féministes sont un point de non-retour, car, quand on est violée dans la rue, c’est parce que l’on est une femme. On peut se penser cisgenre, cela ne changera rien, le violeur sait bien à qui il a affaire. C’est cette relation entre l’homme et la femme qu’il faut préserver, parce que c’est là-dessus que l’on fonde une société. Donc, il ne faut pas ouvrir une nouvelle guerre des sexes. »
Iseul Turan évoque la liberté individuelle à de nombreuses reprises, or certains contradicteurs pourraient lui rétorquer qu’il faut aussi respecter ceux qui revendiquent la liberté de changer de sexe : « Il y a une différence entre la liberté et la réalité. Nous naissons femmes. Quand une femme attend une petite fille, elle porte en elle trois générations, puisque sa fille a déjà le matériel génétique de la prochaine génération. Biologiquement, c’est quelque chose de très fort. Oui, vous avez la liberté de vous déguiser et de vous travestir, mais on ne change pas de sexe. Il y a quelque chose de spectaculaire dans le travestissement, qui est antique, et cela n’a rien à voir avec la question du genre. Derrière tout cela, il y a des souffrances humaines, parce que tout cela n’est pas appuyé sur le réel. » En conclusion, deux siècles après cet appel d’Olympe de Gouges, « Femme, réveille-toi ! », Anne Trewby et Iseul Turan tirent les leçons du féminisme et proposent un chemin à rebours de la Modernité et de la course aux « droits à… ».
« Femmes, réveillez-vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme » d’Iseul Turan et Anne Trewby est publié aux Éditions La Nouvelle Librairie.
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