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Le développement des aéroports régionaux est une nécessité pour certains territoires.
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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Frédérique Meunier, députée LR de Corrèze : « Refuser l’avion, c’est provoquer la mort des territoires. »
Frédérique Meunier, députée LR de la Corrèze, dénonce le désengagement de l’État de certains aéroports régionaux, alors que leur présence est souvent une nécessité pour certains territoires. Dans une question au gouvernement, elle rappelle : « Certains aéroports ont signé des obligations de service public (OSP), comme l’aéroport de Brive-Vallée de la Dordogne, en Corrèze. Dans notre OSP, l’État s’était engagé à hauteur de 50 % de participation financière, soit 20 millions d’euros sur quatre ans. À l’issue de la première année d’exploitation, il s’avère qu’il n’a participé qu’à hauteur de 34 % au financement de l’aéroport, car les recettes sont plafonnées aux recettes réalisées et non aux recettes prévisionnelles. Il faut ajouter à cela une explosion du coût du carburant et de la taxe carbone, ce qui oblige les compagnies à dénoncer les OSP pour obtenir des financements supplémentaires ». Or, « dans nos territoires ruraux, ces aéroports sont de véritables outils d’attractivité économique, touristique et d’aménagement du territoire ». Frédérique Meunier nous décrit la situation dans sa circonscription.
L’Hebdo-Bourseplus : La loi interdit le transport aérien quand une liaison en train est à moins de deux heures de Paris. D’abord, pouvez-vous nous rappeler ce qui est possible et ce qui ne l’est pas ?
Frédérique Meunier : Sur le principe, la loi dit que dans la ville où il y a un aéroport à plus ou moins deux heures de Paris, l’aéroport peut être maintenu et que les obligations de service public peuvent continuer. Brive est le dernier aéroport construit en France. En face, nous avons une ligne SNCF que nous appelons le POLT (Paris, Orléans, Limoges, Toulouse). Dans les années 70, on mettait un peu moins de quatre heures pour aller de Brive à Paris. Il y a une dizaine d’années, il a été envisagé de créer un TGV pour faire une ligne reliant Paris, Poitiers, Limoges et Brive, ce qui aurait permis d’avoir des horaires plus acceptables. À l’époque, Ségolène Royal était la présidente de région et François Hollande était président de la République.
Il y a eu de nombreuses études qui ont coûté des millions à la région et Ségolène Royal a toujours refusé de financer quoi que ce soit pour ce TGV. Finalement, la ligne POLT n’a plus été entretenue et elle s’est détériorée. Depuis, tous les élus montent au créneau et, parfois, des entreprises menacent même de quitter Limoges si la situation ne s’améliore pas, ce qui est notamment le cas de Legrand. Si vous avez le moindre vent de feuilles, le train s’arrête... J’exagère un peu, mais nous n’en sommes pas loin. En face, vous avez des aéroports, comme ceux de Limoges ou de Brive. Ces petits aéroports essayent de proposer des lignes régulières, mais l’État se désengage de plus en plus, alors que la loi permet à nos aéroports d’avoir des obligations de service public, avec un engagement de l’État à hauteur de 50 %, contre 70 % il y a quelques années. Aujourd’hui, nous sommes en difficulté, puisque la qualité du train baisse régulièrement.
Pourtant, la SNCF a annoncé un aller-retour supplémentaire entre Paris et Brive au début de l’année…