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Après de grosses cessions d'actifs, l'horizon d'Engie se dégage enfin.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 mai 2023 (numéro 1.186) : “ Tesla : une ambition démesurée, crédible ? ”. Bonne lecture !!!
Lors de la dernière étude financière publiée sur le dossier Engie, le cours se traînait, de façon misérable. A l’époque, j’avais indiqué que la vraie valeur de l’entreprise se situait au minimum dans un premier temps entre 14 et 16 euros, on y est, puisque l’on est ce mercredi aux alentours de 15,45 euros. Une nouvelle étude s’impose pour savoir s’il y a encore « du grain à moudre » pour celles et ceux qui sont actionnaires d’Engie, et qui s’intéressent à cet énergéticien qui s’est profondément transformé au cours des dernières années, en vendant toute une série d’actifs, et d’ailleurs en les vendant particulièrement bien.
Il ne faut pas oublier que la société Engie est issue de tout un tas de fusions successives, tout d’abord entre Gaz de France (GDF) et le groupe Suez, qui avait lui-même fusionné avec le belge Tractebel. Il n’est pas étonnant qu’il y ait eu alors une sorte d’inventaire à la Prévert en ce qui concerne les actifs. Distributeur de gaz, historiquement, mais aussi dans la distribution et le traitement des eaux… pas grand-chose à voir entre les deux métiers.
Ménage rondement effectué parmi les actifs.
Pour exploiter puis démanteler en fin de vie les centrales nucléaires issues du groupe belge Tractebel, Engie devait disposer de grosses capacités financières, le portefeuille d’actifs devait être révisé et cela ne servait à rien de garder un peu plus de 35 % du groupe Suez, sauf à récupérer les dividendes, bien évidemment. Lorsque GDF était une entreprise nationale, plus ou moins cousine avec un réseau fusionné avec EDF, puisque les camionnettes s’intitulaient EDF-GDF, il y avait outre la distribution de gaz la nécessité de l’apporter vers le marché français, ce qui a entraîné l’entreprise à créer une filiale spécialisée dans la conception et la fabrication de méthaniers, avec notamment le savoir-faire très particulier des membranes isolantes permettant de le transporter sans qu’il y ait un réchauffement excessif. Cela fut la création de GTT (Gaz Transport et Technigaz). Là encore, puisque les fabricants de méthaniers n’ont rien à voir avec le groupe Engie, la sortie s’imposait. Le groupe coté à Paris et à Bruxelles se retrouvait également avec tout un tas d’activités de services notamment des services liés à l’Energie, qu’il fut décidé de regrouper sous le nom d’Equans, afin d’en faire une division à part, certes à faible rentabilité mais à vrai gros potentiel, ce qui a permis de la mettre en vente.
Equans très bien vendu.