Un député fait écrire une question au gouvernement par ChatGPT !

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Hervé Saulignac, député PS de l’Ardèche : « Cet éloignement des gouvernements à l’égard des enjeux qui sont devant nous est extrêmement préoccupant. »

Hervé Saulignac, député PS de l’Ardèche, a posé une question au gouvernement en la faisant rédiger par ChatGPT, justement dans le but de l’alerter sur les dérives de l’intelligence artificielle. Le parlementaire explique pourquoi il souhaite lancer un débat sérieux sur ce sujet sensible.


L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce qui vous a incité à alerter le gouvernement sur cette question de l’intelligence artificielle ?

Hervé Saulignac : C’est un sujet qui occupe le débat public depuis peu de temps, environ six mois, surtout depuis l’arrivée de ChatGPT, qui est la première version d’une IA grand public, ouverte et gratuite. L’intelligence artificielle n’existe pas depuis l’automne dernier, mais c’est précisément parce qu’elle est ouverte à tous qu’elle devient aussi visible. Chaque jour, on découvre une conséquence potentielle sur l’économie, notre souveraineté, les données personnelles et l’implication de l’intelligence artificielle en politique ou dans de nombreuses professions. J’ai voulu attirer l’attention du gouvernement sur ce sujet, parce que j’ai le sentiment qu’il y a deux vitesses totalement asynchrones : c’est-à-dire la rapidité fulgurante avec laquelle l’IA vient bouleverser notre quotidien et la lenteur préoccupante du temps réglementaire qui n’est pas au niveau. En réalité, on est complètement à la rue sur ce sujet ! Je voulais donc montrer à quel point le gouvernement n’a pas pris la mesure de ce qui est en train de se produire.


Faut-il faire quelque chose de précis, ou tout simplement s’adapter ? Dans le passé, lorsque le moteur est apparu, on pouvait défendre les carrosses, mais il fallait bien évoluer…

La métaphore de la voiture est intéressante, car lorsque la mécanisation est arrivée, peu de monde avait prévu derrière la robotisation qui a supprimé des emplois. Personne ne pouvait imaginer que les bras deviendraient quelque chose de secondaire dans notre économie. Aujourd’hui, l’IA a vocation à remplacer les cerveaux et pour ceux qui disent que la prééminence de l’intelligence artificielle est exclue, ce n’est pas une bonne façon d’aborder les choses car cela revient à dire que tous les autres risques seraient à relativiser. Il y a urgence à ce que les responsables politiques de notre pays, qui manquent singulièrement de culture sur ces questions, s’en emparent pour essayer d’anticiper précisément ce que nous n’avons pas su anticiper probablement avec la mécanisation et la robotisation, c’est-à-dire que l’on n’est pas à en subir les conséquences, mais que l’on s’y prépare. À ce stade, je suis comme tout le monde et à chaque jour suffit sa peine.

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