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L’extrême gauche invite Jean-Marc Rouillan à l’université, le gouvernement embarrassé...
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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin : « On voit aujourd’hui se développer une extrême gauche extrêmement radicalisée. »
Que se passe-t-il dans nos universités françaises ? Le député Patrick Hetzel vient d’interpeller le gouvernement sur la présence de Jean-Marc Rouillan à l’université de Bordeaux : « La semaine dernière, la présidence de l’université laissait s’exprimer au sein de l’université, M. Jean-Marc Rouillan, condamné pour apologie du terrorisme et pour deux assassinats à caractère terroriste ». Le parlementaire a aussi rappelé que cette même présidence de l’université Bordeaux Montaigne avait déjà interdit de parole Sylviane Agacinski, philosophe, estimant que son intervention créerait un risque de trouble à l’ordre public. Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déclaré que « l’autonomie des universités constitue un fait historique ». Une position loin d’être satisfaisante pour Patrick Hetzel qui répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : L’extrême gauche ne cesse de dispenser des leçons de morale et de réclamer des interdictions. Il y a eu des pressions sur les annonceurs de CNews et maintenant c’est dans les universités. Comment analysez-vous cette évolution ?
Patrick Hetzel : On observe aujourd’hui une évolution extrêmement dangereuse, avec cette volonté de l’extrême gauche de créer une sorte de prêt-à-penser. C’est quelque chose qu’ils assument complètement. On peut observer cela avec le wokisme et cette volonté de définir ce qui est bien et ce qui est mal, avec une désignation très précise des cibles. Cela se heurte à une vision démocratique de nos sociétés, où le principe de la liberté d’expression devrait être garanti.
Pourtant, pendant très longtemps, l’extrême gauche a répété qu’il était interdit d’interdire et qu’il fallait se battre pour défendre les libertés, en caricaturant la droite comme étant le camp qui voulait les restreindre. Comment analysez-vous cette inversion ?
Nous avions le slogan de mai 68 pour nous dire qu’il était interdit d’interdire... C’était le slogan de la gauche, mais pas forcément de l’extrême gauche. Les marqueurs politiques étaient différents. On voit aujourd’hui se développer une extrême gauche extrêmement radicalisée. Elle ne se contente pas simplement d’émettre des points de vue dans la sphère publique, mais elle jette l’opprobre sur telle ou telle personne, ou sur tel ou tel courant de pensée. Cela va jusqu’à des formes extrêmes de militantisme, comme celle que j’ai dénoncée récemment à l’Assemblée nationale, lorsqu’à l’université de Bordeaux des militants ont voulu interdire la venue de Sylviane Agacinski, parce qu’elle était opposée à la PMA et à la GPA. On entre dans une forme d’inversion des valeurs, parce que l’université est un lieu où, justement, nous devrions pouvoir débattre. D’ailleurs, la présidence de l’université a interdit cette conférence en arguant du fait qu’elle risquait de créer un trouble à l’ordre public. En réalité, le trouble à l’ordre public n’était pas créé par la conférence, mais par ceux qui exerçaient des pressions pour que cette conférence ait lieu.
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