Bouygues : le défi de l’intégration et de la remontée des marges d’Equans.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 21 avril 2023 (numéro 1.184) : “ Placements plaisir : se défier des attrapes-gogos. ”. Bonne lecture !!!

Il fut un temps où le groupe Bouygues avait de gros espoirs, du temps où Nicolas Sarközy était à l’Elysée, en rachetant la participation d’environ 30 % du capital d’Alstom qui était détenue par l’Etat. En effet, qu’il s’agisse du ferroviaire (Colas construit des voies de chemin de fer et les répare) ou du nucléaire (de gigantesques chantiers pour construire de nouvelles centrales EPR, une deuxième était prévue à Paluel en Normandie après Flamanville), il était évident qu’il pouvait y avoir, sinon des synergies concernant les achats et autres éléments, un potentiel de complémentarité, notamment pour ce qui concerne les activités traditionnelles du groupe Alstom. Sous pressions américaines, qui ont pris en otage les dirigeants d’Alstom suite à une calembredaine histoire de cornecul concernant des éventuels sujets de corruption, le groupe Alstom s’est séparé en deux, vendant ses actifs dans l’Energie au géant américain General Electric. Bouygues a approuvé l’opération, et il a encaissé des dividendes exceptionnels, du fait de la répartition de l’argent récupéré au moment de cette cession.


L’épisode douloureux du lancement de Free mobile.


Il faut dire que Martin Bouygues n’avait pas reçu un cadeau du fait de son ami Nicolas Sarközy lorsque François Fillon a décidé d’attribuer à Iliad (Free) la quatrième licence de téléphonie mobile GSM qui lui restait sur les bras. Le lancement de Free Mobile a été une sorte de catastrophe nucléaire, de bombe atomique concernant la tarification de tous les opérateurs français, et il n’y avait pas de polémique à avoir, Bouygues Telecom est apparu pendant très longtemps comme étant l’opérateur de trop, celui qu’il fallait démanteler, pour revenir à trois, en se partageant ses différents actifs. Bouygues a décidé de tirer le taureau par les cornes et de redresser Bouygues Telecom, c’était le bébé de Martin Bouygues, et désormais, plus de dix ans après, Bouygues Telecom est redevenu la vache à lait qui était celle du groupe au moment où il est entré dans le capital d’Alstom. L’irruption du conglomérat Bouygues dans les médias et dans les télécommunications fut une surprise, au moment où elle est intervenue. Pourtant, plusieurs décennies après, le groupe Bouygues y est toujours présent, malgré les formidables transformations des nouveaux métiers qu’il a alors intégrés.


Toujours très axé sur la construction.

Même si TF1 n’a pas réussi à fusionner avec M6, du fait de l’Autorité de la concurrence qui s’y est opposée, le groupe arrive à gagner de l’argent dans la télévision, ce qui n’était pas évident au départ, lorsqu’il a payé très cher un quart du capital de ce qui était alors la première chaîne et qui entrait en plein dans la concurrence du fait de la privatisation de TF1 et du lancement de M6 comme de la Cinq. Malgré sa diversification significative, le conglomérat industriel diversifié qu’est le groupe Bouygues reste formidablement orienté dans la construction, l’entretien d’infrastructures de transport, de routes, l’aménagement urbain, toutes les activités de BTP, de travaux publics de réseaux, de génie électrique et thermique, et de maintenance d’installations.

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