Accor : sans immobilier, la vie est plus belle.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 14 avril 2023 (numéro 1.183) : “ Bouygues : le défi de l’intégration d’Equans. ”. Bonne lecture !!!

Depuis le début de l’année, le titre Accor gagne presque 25 %. Après être tombé à un plus bas en pleine crise Covid de 20,15 euros, le rebond est de l’ordre de presque 50 % désormais. L’interruption des voyages avait pourtant tapé très fort sur le groupe Accor, mais les analystes financiers, pas tellement rancuniers, n’en veulent absolument pas à l’entreprise. Lors d’un point récent sur la valeur, l’analyste spécialisé de la Deutsche Bank a réitéré une recommandation d’achat, et a porté son objectif de cours à 36 euros. Bien sûr, c’est en dessous des 50 euros, record d’avant-crise, mais l’analyste considère qu’il y a un bon redémarrage de l’activité grâce à la forte exposition du groupe Accor à l’Europe, aux Amériques et au Moyen-Orient, même si l’Asie (25 % de son CA) a été sinistrée encore en 2022 et au tout début de 2023. L’analyste financier vise un résultat EBITDA de 928 millions d’euros (admirez la précision), alors que la fourchette des attentes des autres analystes se situe entre 766 et 968 millions d’euros.


Vente d’une branche ?


Assez intéressante estimation, par la Deutsche Bank, que la présentation du 27 juin 2023 pourrait être l’occasion de l’annonce d’une scission voire de la vente de l’une des deux activités, vraisemblablement celle de Luxe et de Style de Vie. Pendant très longtemps, le groupe Accor a été une sorte de conglomérat qui opérait dans le tourisme et les loisirs, à partir d’une base hôtelière, mais qui avait des chaînes de pizzeria, de et de restauration diverse, sans oublier une participation qui frôla les 30 % dans le capital de Club Med pendant un certain temps. En plus, le groupe avait des activités de services qui ont été séparées progressivement et qui sont désormais cotées à part sous le nom d’Edenred. L’entreprise était souvent propriétaire des murs de ses hôtels, énormément d’établissements ont été vendus, seule l’exploitation a été conservée. Pour le reste des actifs immobiliers, Accor a créé Accor Property, une affaire qui vit sa vie de façon indépendante.

Dans la diversification, il ne reste guère qu’Adagio, partagé à 50-50 avec le groupe Pierre & Vacances. Mine de rien, au fur et à mesure des années, la petite entreprise cinquantenaire est devenue le premier groupe hôtelier européen. Les trois quarts du CA viennent de l’exploitation d’hôtels sous contrat de gestion (HotelServices), et un bon quart vient de la gestion d’hôtels en propriété et en location. Le groupe exerce également des prestations de services numériques aux hôteliers indépendants, et quelques menus services comme de la conciergerie. A la fin de l’année 2022, le groupe exploitait un réseau de 5.445 hôtels (pour 802.269 chambres), pour partie dans le luxe et le haut de gamme (enseignes Raffles, Fairmont, Sofitel, Pullman, MGallery, Swissotel, Grand Mercure, Mövenpick, The Sebel et Rixos) pour un total de 911 hôtels. Ce serait cette division qui pourrait être soit cotée séparément soit cédée à un acheteur.


Forte présence sur le segment économique.

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