⟵ Retour
Or et Argent : un faux départ ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 7 avril 2023 (numéro 1.182) : “ Accor : sans immobilier, la vie est plus belle. ”. Bonne lecture !!!
Depuis le début de la nouvelle vague d’inflation, il y a eu plusieurs faux départs en ce qui concerne l’évolution des métaux précieux. Pour l’or, d’une année sur l’autre, le prix de l’once en dollar est identique, à 1 % près, mais pour l’argent, on est à -6,5 % environ. Le moins qu’il soit possible de dire, c’est que les métaux précieux ont évolué davantage comme les matières premières industrielles et bien moins que dans le passé, lors des poussées inflationnistes ou des bruits de bottes. Bien sûr, quand on regarde l’évolution des matières premières d’une année sur l’autre, on remarquera que le lithium a vu son cours être divisé par deux car il avait trop fortement augmenté, que le titane a baissé de 40 %, que le minerai de fer est en recul de 15 % environ et que l’acier est en recul de 17 % environ, le cuivre se contentant d’un -13 %. Relativement aux autres métaux, l’or est stable légèrement haussier, et l’argent est légèrement baissier.
On notera que le platine est désormais stable, en légère baisse de 3,5 %, et qu’il cote moins de la moitié du prix de l’once d’or alors que, au bon temps des pots catalytiques, il avait rattrapé ponctuellement le prix de l’or et l’a même parfois dépassé. Depuis la fin des pellicules photographiques argentiques, l’argent métal est beaucoup moins utilisé que dans le passé dans l’industrie. La consommation de sels argentiques a été divisée par presque cent en l’espace d’une vingtaine d’années. Le numérique a tué le métal blanc. Cela explique peut-être que l’argent, dans ce contexte inflationniste, soit toujours en recul significatif. Après une baisse de 20 % au cours de l’année précédente, l’once d’argent a de nouveau reculé, et l’on est désormais aux alentours de 0,68 ou 0,69 euro du gramme d’argent pur. L’argent reste toujours dans la tête des gens comme étant symbole de la monnaie car il ne faut pas oublier qu’il y a eu des pièces de 5 francs, de 10 francs et de 50 francs en argent avec cours légal en France qui ont circulé depuis le début des années 1960 jusqu’à la fin des années 1980.
Fausses pièces “ en argent ” de la Monnaie de Paris.
Aujourd’hui, les pièces de 10 euros en argent qui sont émises par la Monnaie de Paris sont une vaste fumisterie. Elles ne contiennent pas 66 % d’argent et encore moins 75 % d’argent comme les pièces historiques, dont certaines avaient même un taux de 90 % d’argent pur. Elles ne contiennent plus que 333,33 millièmes (un tiers du poids seulement) d’argent pur. Vendre 10 euros une pièce « en argent » qui comprend un tiers d’argent seulement et deux tiers de vil métal, c’est bon pour attraper les gogos, surtout lorsque l’on fabrique des séries commémoratives de neuf pièces avec un tirage supérieur à 600.000 unités. On vous dit que c’est un tirage limité, mais il y a souvent des gros tas de pièces qui restent sur les bras des buralistes qui ont l’imprudence d’en acheter.
Dans la vie courante, si vous souhaitez payer avec une pièce de 10 euros «â€ˆen argent », rares seront les commerçants qui vont accepter, et encore moins vous rendre la monnaie dessus. Si toutes les pièces commémoratives émises avec des personnages Astérix ou sur le thème des Jeux Olympiques qui sont commercialisées par la Monnaie de Paris (via La Poste, via le réseau des buralistes ou en direct), c’est près d’une centaine de millions d’euros de bénéfices qui seront réalisés, une excellente affaire qui dopera les comptes de l’institut monétaire qui frappe de moins en moins d’euros puisque les pièces ordinaires sont à tirage plus modeste puisque la plupart de celles qui sont dans vos poches ont été fabriquées en 2001 ou en 2002, et restent toujours en circulation.