Pourquoi la loi Climat menace l’avenir du logement en France.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Christine Engrand, députée RN du Pas-de-Calais : « On est progressivement en train de restreindre nos libertés individuelles. »

Nous évoquons régulièrement dans nos colonnes la loi Climat et ses conséquences. L’objectif « Zéro artificialisation nette » a pour effet l’interdiction de construire de nouvelles maisons individuelles sur tout le territoire. Christine Engrand, députée RN du Pas-de-Calais, a évoqué ce problème sensible à l’Assemblée nationale en déclarant : « Le principe drague derrière lui son lot de paradoxes et s’oppose frontalement aux aspirations pavillonnaires de la majorité des Français. En effet, selon un sondage mené par l’IFOP en janvier 2022, 80 % de nos concitoyens souhaiteraient, à terme, vivre dans une maison avec un jardin. »

Face à cela, « de nombreuses intercommunalités rurales poussent les communes – même les villages de moins de 300 habitants – à construire dès maintenant là où il reste de la place. Le village de Leulinghem, dans ma circonscription, a ainsi été incité à accepter l’extension de près de quinze hectares une zone d’activités qui en compte déjà cinquante, au détriment de terres agricoles que vous prétendez pourtant préserver, et contre l’avis des habitants. À l’inverse, au titre de votre objectif, certaines communes devront faire une croix sur des services essentiels : adieu maisons médicales et nouvelles écoles. » Christine Engrand, députée RN du Pas-de-Calais, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont amenée à vous intéresser à ce sujet du Zéro artificialisation nette ?

Christine Engrand : J’ai une circonscription importante, elle fait 150 kilomètres de long, avec 164 villages. J’ai déjà rencontré 80 maires et ils ont tous évoqué cette question. Il y a une station balnéaire qui est soumise au trait de côte, certaines maisons doivent être détruites, donc le maire voudrait retrouver des terrains pour faire des propositions aux propriétaires qui vont être expulsés. Dans les villages ruraux, on évoque les difficultés de faire vivre un village car, en l’absence de constructions nouvelles, il y a moins d’enfants et les écoles sont menacées. Il y a aussi la question des médecins généralistes qui préfèrent s’installer dans un village où leurs familles pourront avoir une vie normale. C’est finalement une réaction en chaîne. Cela entraîne un blocage important pour le secteur de l’immobilier, avec l’impossibilité de faire des constructions nouvelles. Nous ne pouvons pas tous habiter à Paris ou à Lille, or on sait que les Français rêvent d’avoir une petite maison avec un jardin car c’est la vraie vie. Il y a aussi des maires qui doivent étendre des zones d’activités dans des villages de 300 habitants et qui doivent bloquer une cinquantaine d’hectares, sans que cela corresponde à des besoins réels. Cela va bloquer des opportunités de construction. Il faudrait vraiment remettre à plat tout cela.


N’est-ce pas aussi une manière, pour nos dirigeants, de s’attaquer à la maison individuelle ?

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