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Une alerte sans lendemain ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La Bourse de Paris a souffert davantage que les autres marchés durant la bourrasque bancaire. D’une part, parce que la hausse qui avait précédé était allée trop vite et trop loin, et d’autre part, les investisseurs ont tendance à se concentrer sur leurs marchés domestiques lorsque les choses vont moine bien. On n’oubliera pas que les valeurs du Cac 40 sont détenues à plus des deux tiers par des fonds étrangers. Les acheteurs français, y compris les grandes banques ne font pas le poids face aux investisseurs anglo-saxons lorsque ces derniers décident de se retirer. Pour le moment, les déséquilibres vendeurs sont venus dans un premier temps des ventes forcées d’actifs des banques en grande difficulté et cela s’est su rapidement sur les marchés. Les vendeurs à découvert s’y sont donnés à cœur joie, du moins ceux qui restaient encore sur le marché et n’avaient pas été éjectés lors des derniers pics de hausse. A présent que les fragilités du système bancaire sont avérées au grand jour après la hausse continue des taux notamment outre-Atlantique, les Banques centrales commencent à marcher sur des œufs et les marchés boursiers aussi. Avec sa décision du jour d’augmenter de seulement 0,25 % ses taux directeurs, la Réserve Fédérale américaine tente de se frayer un chemin entre la lutte déclarée contre l’inflation galopante et d’éviter une plus grande fragilisation du système bancaire, qui est déjà sous la menace d’une récession à venir. Manifestement, il y a à la fois trop de liquidités qui circulent sur les marchés boursiers et un début d’assèchement de certains établissements bancaires bien trop engagés sur le long terme, avec des prises de risques sur les taux bien au-delà du raisonnable.
Face aux difficultés croissantes de clients surendettés, les remboursements des crédits se font de plus en plus difficilement. Ces établissements sont parfois rapidement devant une nécessité de vendre des actifs pour faire face à leurs propres échéances de prêts qui augmentent inexorablement avec la hausse continue des taux pour leurs propres refinancements. Plus le temps passe, plus il y aura de gros vendeurs pressés sur les marchés. La rétention de titres qui favorisait la bulle spéculative peut laisser place à des ventes simultanées en cas de nouvelle crise bancaire. Pour le moment, tout a été fait pour tuer dans l’œuf la spirale baissière qui menaçait de s’installer. Mais les marchés sont ainsi faits, que dès qu’ils sont rassurés, ils repartent aussitôt à la hausse et recréent de nouvelles conditions d’une chute brutale. Concernant le Cac 40, après avoir cassé plusieurs supports importants, le rebond a eu lieu autour des 6.800 points pour revenir rapidement au-dessus des 7.000 points puis des 7.150 points à présent. Techniquement, la prochaine zone de résistance significative se trouve désormais vers 7.275 points où un « gap » baissier de démarrage s’étant formé lors de la phase baissière. En cas de débordement de ce niveau, les cours pourraient théoriquement bien revenir au contact des 7.400 points encore une fois ! En revanche, en cas de seconde cassure des 7.000 points, le marché pourrait reprendre le chemin d’une baisse rapide en direction des 6.600 voire des 6.400 points. A court terme, les cours devraient rester extrêmement volatils laissant le champs libre aux manipulations habituelles en périodes de grande incertitude.
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