L’avenir du logement neuf doit préoccuper le gouvernement.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Norbert Fanchon, président du Groupe Gambetta : « On est dans un état d’esprit visant à se dire que l’on va avoir de moins en moins besoin de logements neufs. »

Pionnier du logement coopératif, le Groupe Gambetta, dirigé par Norbert Fanchon, est un promoteur spécialiste de l’accession aÌ€ la propriété. Il fêtera ses 100 ans cette année et il est présent dans l’Ouest, le Centre, en PACA, en Occitanie, en Île-de-France et en Auvergne - Rhône-Alpes, des territoires ouÌ€ il a construit plus de 35 000 logements depuis sa création. Le Groupe Gambetta, qui compte 170 collaborateurs, produit 1 000 logements par an, égalitairement répartis entre secteur social et privé.


L’Hebdo-Bourseplus : Avec l’inflation, la hausse des coûts de construction et des refus de crédit, ainsi que les difficultés pour trouver des terrains constructibles, le marché de l’immobilier neuf semble particulièrement souffrir actuellement. Quelle est la situation ?

Norbert Fanchon : Tout cela est vrai ! La situation a commencé à se retourner en janvier 2022 et il y a eu une accélération à la fin de l’année. Donc, nous sommes sur un marché qui a baissé de 30 % en 2022, or nous savons tous que ce n’est pas fini. Il faut s’attendre encore à 15 à 20 % de baisse du marché en termes de volume. Face à la hausse des taux d’intérêt, on n’arrive pas à trouver de marge de négociation, parce que les travaux sont plus chers et les permis de construire sont de plus en plus difficiles à obtenir. On observe donc une tension économique sur les projets. Les Français sont hésitants à acheter et cela s’observe dans les chiffres de réservation.


Vous n’êtes pas impactés par la loi Climat puisque, par définition, les logements neufs sont censés être aux dernières normes, mais il y a la question du ZAN ou Zéro artificialisation nette…

Effectivement, sur la sobriété énergétique, le logement neuf est par définition vertueux. On considère qu’il y a 6 millions de logements obsolètes, sur un patrimoine de 24 millions de logements. Ce n’est pas sans incidences sur le marché l’immobilier en général et sur le rapport des Français au logement. Sur la question du ZAN, nous ne sommes pas les premiers concernés : les premiers concernés sont les constructeurs de maisons individuelles, qui ont une baisse de volume qui peut atteindre les 40 %. Les promoteurs travaillent surtout dans des zones déjà urbanisées et la ZAN ne s’applique donc pas vraiment à eux. Mais il y a quand même un impact, car on est dans un état d’esprit visant à se dire que l’on va avoir de moins en moins besoin de logements neufs. C’est une petite musique qui s’installe et cela va avoir un impact très fort dans les années à venir.

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