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L'inflation perturbe le développement des distributeurs spécialisés
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 10 mars 2023 (numéro 1.178) : “ Stellantis : les épines derrière le joli bouquet ”. Bonne lecture !!!
Quand les prix de l’alimentaire augmentent, les salaires et les retraites ne suivent pas toujours, à loin près, et les gens réfléchissent à deux fois avant de s’offrir un produit qui ne leur est pas immédiatement essentiel. Plusieurs chaînes de magasins spécialisés, notamment dans le textile, ont mis la clé sous la porte, ou sont actuellement sous le régime du redressement judiciaire. Bien sûr on a beaucoup parlé du conglomérat de M. Michel Ohayon, avec la faillite de Camaïeu et le dépôt de bilan de Go Sport, sans oublier la mise sous sauvegarde des vingt-six Galeries Lafayette de province qu’il a sous son ombrelle. Ceci dit, ce n’est pas le seul établissement qui soit actuellement en difficulté.
Dans la période de confinement, et après, les branquignols qui nous gouvernent nous ont dit qu’il y avait des rayons « non-essentiels », et ils ont bien évidemment interdit de fréquenter les magasins qui n’étaient pas indispensables, à leurs yeux, à la vie immédiate. Le ridicule ne tuant pas, les librairies ont été pendant une période confinées à la vente à emporter, les clients étaient censés commander le livre, le récupérer sur le trottoir de la librairie, mais ils avaient l’autorisation d’entrer s’ils désiraient acheter un paquet de 500 feuilles de papier pour leur imprimante, quelques stylos ou quelques cartouches d’encre puisque souvent les librairies sont des librairies papeteries.
Le choc de nos branquignols en crise Covid-19.
Dans la grande distribution, les rayons jouet et les rayons textiles ont été fermés, on a connu des grands scotchs pour en interdire l’entrée à la chalandise qui pouvait voir les propositions de loin mais devait ne pas y toucher, de peur d’être contaminé ce qui bien évidemment était risible. Les enseignes spécialisées ont bénéficié de Prêts avec garantie de l’Etat (PGE), comme beaucoup d’autres entreprises. Ensuite, il a fallu rembourser. Pour certaines entreprises comme le distributeur de chaussures San Marina, cela n’était pas possible… la liquidation est intervenue. Les entreprises de distribution spécialisée ont progressivement basculé une partie de leur activité vers les sites Internet, avec livraison par des transporteurs ou récupération dans les réseaux physiques de magasins. La plupart du temps, pour climatiser l’été ou chauffer l’hiver, pour éclairer toute l’année les magasins en question, les différentes chaînes de distribution spécialisée ont noué des contrats avec des opérateurs alternatifs qui ont fait valser la facture lors de l’échéance des contrats et ont même parfois dénoncé par anticipation le contrat qu’ils avaient quand il n’était pas suffisamment rémunérateur, malgré le racket au détriment d’EDF, que l’on appelle l’AREHN. L’augmentation des factures d’électricité, des loyers qui sont pour partie indexés sur l’inflation et qui montent… cela gêne d’autant plus que l’activité est en berne.
Maisons du Monde : forte incertitude.