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Hausse des taux et taux d’usure : vers un retour en force du rôle du courtier.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Damien Pacouil, fondateur de Prelys Courtage : « Plus les taux sont élevés, plus les banques cherchent des montages pour faire baisser les taux et contourner les contraintes du HCSF. »
Le marché immobilier pourrait sonner le retour en force du courtier, véritable allié dans la négociation et l’obtention des prêts. Prelys Courtage, enseigne de courtage en prêts immobiliers, prêts professionnels et regroupement de prêts, ainsi qu'assurances emprunteurs, explique pourquoi on peut s’attendre à un marché encore plus dynamique pour les emprunteurs, comme pour les banques. En effet, la concurrence féroce qui s’opère entre les banques depuis début février, avec la mise à jour mensuelle du taux d’usure, va permettre de fluidifier le marché et favoriser la réouverture des prêts dès maintenant, avec un pic au début du mois d’avril. Dans ce contexte, la marge de négociation du courtier sera importante. Pour attirer des clients, les banques auront intérêt à être compétitives pour faire face à la concurrence et pour financer le livret A, passé dernièrement à 3 % et susceptible d'atteindre 3,5 % ces prochains mois. Damien Pacouil, fondateur de Prelys Courtage, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le courtier peut-il logiquement retrouver un rôle plus important en période de hausse des taux ?
Damien Pacouil : Cela fait un peu plus de sept ans que l’intérêt d’aller voir un courtier pour faire des économies n’est plus vraiment flagrant. La première raison pour un client, c’est de faire des économies et nous n’avions plus cette valeur ajoutée. Nous avons financé beaucoup d’emprunteurs parce que nous avons une autre carte, celle de l’accompagnement personnalisé, et nous contribuons aussi à diminuer cette anxiété auprès des clients. Faire un achat immobilier est un acte anxiogène et c’est d’ailleurs pour cette raison que 60 % de nos clients sont des primo-accédants qui ont peur de s’adresser à leur banquier. Depuis le début de l’année, on observe une augmentation de 20 % des appels, parce que l’intérêt d’aller voir un courtier revient sur le devant de la scène en raison de la disparité des taux selon les banques. Il y a des clients qui viennent nous voir avec une proposition bancaire sur laquelle on peut faire des économies de 10 000 à 30 000 €, uniquement sur le taux, donc pas seulement sur l’assurance. C’est une situation que nous observions il y a sept ans. Par ailleurs, plus l’accès au crédit se complique, plus faire appel à un courtier devient nécessaire et le monde de l’immobilier le sait très bien. D’ailleurs, les agences sont aussi nombreuses à nous consulter.
Certaines banques ont voulu cesser leurs relations avec des courtiers il y a quelques années : peuvent-elles revenir aujourd’hui ?
Cette affaire est partie d’un sujet, l’année dernière, lorsque la Société Générale a dit qu’elle arrêtait de travailler avec les courtiers et tout le monde s’est emballé là-dessus. En réalité, cette décision s’explique par la fusion de la Société Générale avec les banques du groupe Crédit du Nord et la Banque Tarneaud, pour devenir SG Tarneaud. Maintenant, ils sont venus nous voir et ils vont retravailler avec nous. Il y a eu une pause le temps de la fusion. Dans le monde du prêt à l’habitat, la Société Générale finance 4 à 5 % du volume des prêts en France, donc ce n’est pas un sujet. Depuis quelque temps, avec le fameux taux d’usure, les banques perdent de l’argent et, de façon stratégique, certaines banques ont choisi de moins faire appel à des courtiers, pour gagner de nouveaux clients. C’est une simple pause conjoncturelle en raison de l’inflation, du taux d’usure et de la hausse du livret A. Maintenant, les taux dépassent les 3 %, le calcul du taux d’usure se fait chaque mois, donc tout cela est en train d’évoluer.