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La parlementaire plaide pour une normalisation de nos relations avec la Syrie.
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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Joëlle Mélin, députée RN des Bouches-du-Rhône : « Le monde entier détermine Untel ou Untel comme celui qui incarne le mal, c’est toujours un peu réducteur… »
Joëlle Mélin, députée RN des Bouches-du-Rhône, a notamment été députée européenne de 2014 à 2022 et conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur entre 2010 et 2015. Dans une récente intervention à l’Assemblée nationale, elle a regretté que l’aide humanitaire se soit concentrée sur la Turquie, en oubliant la Syrie, après le récent tremblement de terre : « L’aide humanitaire et les moyens humains affluent en Turquie, à la faveur d’une formidable solidarité internationale. Emmanuel Macron a déclaré que cette circonstance malheureuse pourrait bénéficier à l’apaisement des relations avec la Syrie, autour d’une assistance et d’une aide effective. Derrière la communication, cette promesse d’un retour à la diplomatie par l’action humanitaire résonne comme un nouvel espoir de paix durable. Après la guerre civile et une lutte acharnée contre l’obscurantisme islamique, ce pays affronte, sans aide occidentale, une calamité supplémentaire ». Au-delà de l’urgence médicale, a-t-elle poursuivi, « si nous laissons ces populations face à la misère et la destruction, elles n’auront d’autre choix que l’exil et le déracinement. Comme en 2015, la Turquie pourra les utiliser contre l’Europe pour faire du chantage migratoire. »
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes intervenue à l’Assemblée nationale en déplorant que l’aide humanitaire se polarise sur la Turquie en occultant la Syrie. Est-ce pour des raisons géopolitiques ?
Joëlle Mélin : Il y a des sanctions qui pèsent sur la Syrie. On a vu que les États-Unis ont été relativement prompts pour en enlever une partie, mais les sanctions de l’Union européenne n’ont pas encore été levées. J’ai interpellé la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, pour lui demander de peser afin de faciliter les couloirs humanitaires et l’accès aux ports, notamment à travers le seul passage ouvert entre la Turquie et la Syrie. L’aide doit porter sur les produits de première nécessité, mais aussi les hôpitaux de campagne, comme cela a été fait pour la Turquie. On sait que dans ce genre de séisme, les gens décèdent au bout du huitième ou du dixième jour.
Est-ce un sujet embarrassant que celui de la normalisation de nos relations avec la Syrie ?
Ce n’est pas aisé. Les relations diplomatiques sont maintenant difficiles avec ce pays. Rien n’est tout à fait blanc ou noir quand il y a des sanctions. On veut peser sur la politique d’un pays pour défendre des principes que l’on entend faire respecter, mais quand il faut lever les sanctions, il y a toujours un certain temps. Pour l’instant, la ministre des Affaires étrangères n’a pas pris d’engagement ferme, sans doute parce qu’elle n’a pas la possibilité de dire que ce sera fait dans les 48 heures…
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