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Retraites : le plaidoyer de la Manif pour Tous pour une véritable politique familiale.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour Tous : « Les progressistes voient la famille comme un lieu d’injustice et d’inégalité. »
L’Hebdo-Bourseplus : Il y a de longs débats à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites, or on parle très peu de la natalité. Parallèlement, vous estimez que cette réforme ne va pas inciter les couples à faire des enfants. Pour quelles raisons ?
Ludovine de La Rochère : Cette réforme, dont on comprend bien que l’on n’a guère le choix, puisqu’il n’y a plus suffisamment d’enfants pour assurer le renouvellement des générations, cela veut dire que nous avons de moins en moins d’actifs pour de plus en plus de personnes qui vont prendre leur retraite. Ce mouvement s’accentuant, cela explique la réforme de la retraite. Pour ce qui concerne Emmanuel Macron et le gouvernement, jamais les termes de natalité et de famille ne sont prononcés, tout comme il n’y a pas de ministère de la Famille. Il y a quelques jours, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a dit qu’il n’y avait pas de tabous sur la natalité. En réalité, il y a véritablement un tabou et, quand le gouvernement est interpellé par certains députés, il explique tout ce qui existe pour le congé paternité, mais sans jamais répondre sur le fond du sujet : à savoir la politique familiale. Ce sont toujours des réponses très ponctuelles. C’est préoccupant, parce que la famille structure la société. C’est une aberration de vouloir réformer les retraites au motif qu’il y aura une question de financement, sans se préoccuper de la natalité. Cela signifie même que, peu importe la réforme, il faudra en faire indéfiniment, puisque la natalité n’est plus sous le seuil de renouvellement des générations depuis longtemps. Cette chute s’est encore accentuée en 2022 et c’est absolument inédit. Depuis l’origine de la France, nous n’avons jamais eu aussi peu d’enfants.
Nos dirigeants allèguent qu’une politique d’immigration peut remplacer la natalité…
Effectivement, la question de l’immigration est à l’esprit. Sans même aller sur le fait qu’une population ne peut pas en remplacer une autre, surtout quand elle est radicalement différente dans son histoire, sa culture et sa spiritualité, on se rend compte qu’il faudrait une immigration exponentielle pour parvenir à combler le déficit. En démographie, il y a une inertie très importante. Si une génération a beaucoup moins d’enfants, si ces mêmes enfants ont aussi peu d’enfants, on ne fait que baisser la population de manière continue. Quant aux populations immigrées, au bout de quelques années, elles retombent dans ce même chemin de baisse de la natalité et il y a donc une contraction de la natalité au fil du temps. Si l'on veut rester à une population totale telle que nous la connaissons, il faudrait avoir une immigration de plus en plus importante, et c’est inacceptable. Que ce soit pour des raisons économiques ou pour des questions de démographie, cela ne tient pas la route. Le financement des retraites n’est possible qu’à travers des profils qui vont cotiser d’une façon plus ou moins importante.
Si l'on devait mener du jour au lendemain une politique de natalité très dynamique, il faudrait au moins une vingtaine d’années pour voir les statistiques s’inverser…
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